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Illustration/Bande dessinée bachelors

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Préparer des images pour l’impression

Un dessin ‘analogique’ sur papier, s’il est voué à être diffusé – qu’il soit imprimé en vue d’une publication ou diffusé sur un support numérique – doit être digitalisé et retravaillé en fonction du procédé de diffusion (impression laser, jet d’encre, risographie, offset, indigo, sérigraphie, web….)

Scanner un document

Une fois le scanner branché à l’ordinateur, on peut accéder au logiciel du scanner soit via un pilote téléchargé antérieurement, soit via la fonction "importation" du logiciel de traitement d’image. Ex. en Photoshop : "Fichier >> Importation >> Images du périphérique"

Avant de scanner, on doit établir la définition du scan, le mode colorimétrique, le format de sauvegarde, et l’endroit sur l’ordinateur où on va sauvegarder les scans.

1. Taille et résolution

Digitaliser une image, c’est transformer une image en code. Le pixel est l’unité de base de la définition d’une image numérique matricielle (vient de l’anglais ‘picture element’)




Franco Matticchio, Elefante Pasquale

Quand on scanne une image, on doit décider de la taille et de la résolution de cette image une fois digitalisée.
 La taille est en général donnée par le document (qui doit toujours être d’une taille égale ou supérieure à l’image imprimée).
 La résolution, qui se définit en nombre de pixels/pouce (ppi = "pixels per inch") va déterminer la qualité de l’image et la taille réelle à laquelle elle va pouvoir être imprimée en gardant une haute résolution, c’est à dire, une bonne qualité.

-> Il est donc important, quand on scanne un dessin, de choisir la taille et la résolution adéquates : image 72ppi pour les écrans, images 300ppi pour le print papier, en général. Mais tout dépend de l’utilisation de l’image : dans la bd classique, on imprime un trait noir par dessus une image colorée- dans ce cas, le trait noir est à 1200 ppi et l’image en couleur est à 300 ppi. Ou si, par exemple, on veut agrandir un dessin, mieux vaut le scanner à haute définition, c’est-à-dire minimum 600 ppi. Ainsi, on pourra obtenir une image dont la taille est deux fois supérieure, une fois la résolution ultérieurement ramenée à 300ppi.

Dans Photoshop, lorsqu’on change la taille de l’image (Image>> Taille de l’image) on doit verrouiller les mesures pour préserver le même rapport entre la largeur et la hauteur, sinon :

On peut aussi changer les dimensions de l’espace autour de l’image (Image>> Taille de la zone de travail)

2. Mode colorimétrique

La boite de dialogue du scanner propose différentes options : RVB, niveaux de gris, bitmap :
- pour une image en couleur, on choisira rvb, qui est l’espace colorimétrique de l’écran. Il faudra plus tard convertir dans un profil colorimétrique spécifique au mode d’impression. (voir cmjn, bichromie etc. plus loin)

- pour une image en noir et blanc, plusieurs solutions :

• le mode Niveaux de gris permet de restituer toutes les nuances de gris entre le blanc et le noir. C’est le mode qu’on choisira pour un dessin qui présente des valeurs de gris, un dessin au crayon, fusain, ou une photo en noir et blanc.

• le mode Bitmap produit des images très contrastées, dans lesquelles les pixels ne peuvent être que noirs ou blancs. ça peut être pratique pour des images au trait, avec des lignes noires à l’encre ou au marqueur par exemple. (on peut rappeler la ’recette’ de Guillaume Chauchat qui consistait à prendre en photo un dessin au trait, à forcer les contrastes et à passer l’image en bitmap, pour obtenir rapidement un document purement noir et blanc)



Franco Mattichio, Estrapolazione da la casa incantata

3. Enregistrement

Il est important d’organiser son espace de travail en définissant une destination (un dossier où l’image va s’enregistrer) et un nom pour le fichier (si c’est une série de fichiers, on gardera le même nom et l’enregistrement se fera avec des numéros a la suite de ce nom)

4. Formats

On peut choisir le type de fichier désiré : TIFF, JPEG, PDF, PNG... Le TIFF est un fichier non compressé, qui peut prendre de l’espace dans votre ordi mais ne sera pas dégradé. La compression JPEG, si elle est de haute qualité, peut convenir à pas mal de situations sans que cela soit visible. Sur des documents de petite taille où la résolution est assez basse, attention ! La compression JPEG crée des ’artefact’ (pixels bizarres) assez moches qui peuvent se voir ensuite.

5. Réglages

Il y a des possibilités dans la boîte de dialogue du scanner, mais le mieux est souvent de garder un scan neutre et de faire des réglages après dans un logiciel de traitement d’image : ainsi on garde un maximum d’information et une plus grande latitude pour la suite (si on contraste dès le scan, par exemple, on risque de perdre des informations dans les tons intermédiaires qui auraient du être gardées)

Nettoyage, réglages, marges...

L’image scannée nécessite souvent (toujours) des réglages : format de l’espace de travail (si l’on n’a pas prévu de maaaaarges !), contrastes, saturation des couleurs, tonalité, luminosité...

Il est également souvent nécessaire de passer par une étape de ’nettoyage’ de l’image scannée. Est-ce que le fond est ok jusqu’aux bords ? (à nouveau : checker les marges !)
Si on souhaite un fond coloré, garder le fond que l’on a scanné n’est pas toujours la bonne solution. Il vaut souvent mieux, si on veut quelque chose de régulier et uniforme sur tout un travail comportant plusieurs planches, passer les fonds au blanc et remettre une teinte dans les blancs, ça permet d’avoir la même partout.

nb : là encore, ça dépend aussi de ce que l’on veut obtenir et avec quel mode d’impression on veut travailler par la suite : On ne fera pas les mêmes choix pour faire un livre imprimé en offset, un fanzine à la photocopieuse ou à l’imprimante laser, jet d’encre ou à la riso.

Quelques généralités sur les différents modes d’impression

La manière de préparer les images va être assez différente selon les choix d’impression :

Offset : les imprimeurs travaillent avec des profils colorimétriques CMJN. On doit convertir dans ce cas les images dans le profil avec lequel travaille l’imprimeur en question, il y a différents standards à utiliser selon les papiers et les types d’images. (papier couché ou non, taux d’encrage.. )


Attention aux couleurs non-imprimables ! les possibilités sont larges mais excluent quand même certaines couleurs, notemment les fluos ! Si on travaille avec ce procédé, il est possible d’ajouter une encre qui correspond à la couleur souhaitée : on appelle ça un ’ton direct’.

On peut aussi travailler uniquement avec des tons directs, en bichromie ou trichromie... Cela demande une préparation particulière des fichiers : il faut pouvoir séparer ce qui sera imprimé dans chaque couleur. Pour ça, les images peuvent se travailler directement dans un espace digital spécifique (ie. photoshop).

On peut aussi, à partir d’une image rvb en couleur, séparer automatiquement les ’couches’ avec un logiciel comme Spectrolite. Cette manière de travailler en couleurs séparées peut convenir aussi à la préparation d’une impression en sérigraphie ou en riso.


Ludwig Bemelmans

Impression laser ou jet d’encre (comcolor) : on laisse les images en RVB et c’est en général la machine qui convertit. Il faut faire des essais...

Risographie : c’est un procédé d’impression qui s’apparente à la sérigraphie, dans la mesure ou chaque couleur va être imprimée séparément, successivement, à partir d’une matrice (c’est un peu le principe du pochoir). Il faut donc préparer des images en noir et blanc qui correspondent chacune à une des couleurs d’impression.

Par Rebecca Rosen, Laetitia Gendre, Joanna Lorho, 27 mars 2026