workshop Cédric Ceulemans : le Temps

Anri Sala (2/14 2016)

Fisschli und Weiss, der Lauf der Dinge (09/18 2015) (01/21 2011 film)

Simon Starling (09/18 2015)

Francis Alys (12/12 2011)

David Claerbout (02/27 2011)

Hiroshi Sugimoto (02/21 2011)

David Claerbout

LIGHT / TRAVAIL mettra en vedette des travailleurs du pétrole (de la société Shell du Nigeria) rentrant du travail, pris dans des pluies torrentielles (2013), une œuvre vidéo méticuleusement reconstitué à partir d’ une petite photo trouvée sur Internet des travailleurs prenant un abri contre les pluies de mousson en vertu d’ un pont. L’image apparaît simple jusqu’à ce que l’on remarque que le point de vue tourne lentement autour des hommes dans l’espace en trois dimensions, tandis que l’image reste. Comme l’accent des changements d’image des hommes à l’eau et retour, tout comme les conséquences psychologiques du travail. Les plus on regarde, plus les hommes semblent être coincé, littéralement et métaphoriquement. Du travail, Claerbout a dit: «De toutes les manifestations de temps, l’attente est l’un des plus difficiles, car il implique d’être improductif. Le prix fixé à minutes, heures et jours rend le temps coûteux. Pourtant, la durée ne peut être libre quand il est improductif. La sécheresse, les conflits et la pauvreté entourent l’Afrique comme un nuage de mouches, la détermination de l’image que nous avons d’un continent. Il est rarement dépeint comme humide. En revanche ce morceau, l’eau est le point de départ pour une image sur l’industrie pétrolière « .

Un point focal de l’exposition sera le plus récent travail de Claerbout, Olympia (la désintégration en temps réel en ruines du stade olympique de Berlin au cours de mille ans), qui sera à l’affiche pour la première fois dans le cadre de cette installation. Utilisant une technologie similaire à celle utilisée dans l’ingénierie des jeux vidéo, Claerbout a créé un parallèle, monde virtuel centrée sur olympique de Berlin stade-construit à l’origine par les architectes Werner et Walter Mars en 1936 comme un symbole physique de Reich de mille ans d’Hitler. Dans ce travail, Claerbout a méticuleusement reproduit une réplique du stade et de ses environs, exactement comme il existe maintenant; chaque pierre, arbre, mauvaises herbes, etc. correspond à l’emplacement réel de la structure à Berlin, mais à une exception très important – il est un paysage dépourvu de personnes et l’intervention humaine.Grâce à cette pièce, la nature sera autorisée à suivre son cours en temps réel, affecté par les conditions atmosphériques réelles qui se déroulent autour du stade de Berlin. Commençant à la réception d’ouverture et pendant les mille prochaines années (programmée pour les cinquante prochaines années, à l’heure actuelle), ce stade monumental, une manifestation physique supposée indestructible du Troisième Reich, se désintègre lentement en ruine.

David Claerbout, né à Courtrai en 1969, est un photographe et vidéaste obsédé par la représentation du temps. Il réalise d’incroyables films qui tentent de cerner la forme du temps, sa durée et le sentiment de nostalgie qu’il instille. Avec Claerbout, on éprouve le temps. Chaque film est une œuvre de cinéaste demandant d’importants moyens et une réalisation impeccable : équipes multiples, des heures de tournage, des acteurs, des manipulations d’images. A la projection on ne sent rien de cela. Pour les apprécier, il faut forcément du temps. Visiter sa première rétrospective belge au centre d’art contemporain, Wiels, à Bruxelles, demande deux heures.  »Si on n’a que cinq minutes pour chaque film, autant ne pas venir, nous dit-il. Si on n’a pas le temps, les œuvres ne s’imposent pas et deviennent des compositions figées comme il y en a des milliers dans les musées. » Les étages du Wiels (un bleu nuit, l’autre blanc), n’ont pas d’autres éclairages que la lumière des projections. Mais soyez assuré que la visite vaut la peine, Claerbout suscite des subtiles mais grandes émotions, il fait sentir le souffle du vivant, il est un jardinier de l’image, virtuose des greffons et de l’hybridation, un poète aussi.

Depuis dix ans, vous exposez partout, mais c’est votre première rétrospective en Belgique.

Cela m’émeut d’exposer à domicile, comme on dit d’un match de foot joué devant son public. Son titre « Le temps qui reste – De tijd die blijft », doit garder les deux langues pour livrer son double sens : le temps qu’il reste à vivre et le temps qui se fige.

Partons d’une de vos plus belles vidéos, “Algier’s Section of a Happy Moment” (37’). Comment avez-vous procédé ? On voit des Algériens sur le toit d’une maison de la Casbah et qui tendent les bras vers des mouettes qui volent vers eux. Un film poétique qui résonne fort au moment des révoltes dans les pays arabes.

Ce film est une séquence de photographies. J’y ai travaillé pendant un an et demi. J’ai d’abord tout scénographié à l’avance, puis pris 50000 photos et monté alors soigneusement une suite de 600 photos qui donne une temporalité. Les mouettes ont été photographiées à Ostende, les gens ont été pris à Anvers et sont des Egyptiens, car les Algériens ne voulaient pas être pris. La terrasse, la mer, la ville sont bien Alger, même si j’y ai inséré un mur troué par un obus qu’une assistante m’avait ramené de Belgrade. Cette hybridation m’a demandé un long et méticuleux travail. Quand on observe bien, on voit qu’il contient des impossibilités. J’ai d’abord voulu retrouver la verticalité, une constante dans l’art, avec les oiseaux, les bras vers le ciel, la lumière. Mais j’y ai ajouté une pression de haut en bas avec ces mouettes qui ont des yeux agressifs et ces gens qui ne peuvent s’échapper de la terrasse cernée de grillages.

Votre sujet est le temps, la lumière du jour qui change en fonction de l’heure, les ombres, le vieillissement.

La photographie et le cinéma figent le temps passé, celui de la mémoire. Moi, j’essaie de produire une articulation du temps, de donner des sensations du temps contre l’oubli ou le gel. Mon projet est humaniste et vise à rappeler ce qu’est l’être humain face aux images qui le figent. Le cinéma est la haute couture de la vie, il est artificiel. J’en ai marre de ses minables sujets. Je veux ouvrir les sujets, retrouver le cycle de la vie, le rapport naturel à la durée que le cinéma n’a plus.

Vos films ont pourtant souvent une narration. Le premier montre un chat et un oiseau dans une même cage et un des derniers, “Riverside”, la rencontre impossible entre un homme et une femme de part et d’autre d’une rivière.

Ces narrations sont des leurres pour capter les visiteurs. Mais le vrai sujet, mon agenda caché, est bien le temps, la durée, et je veux déclencher des émotions sans devoir faire se rencontrer ces personnages si ce n’est dans la tête du visiteur.

Vos vidéos ont parfois un poids politique : dans “Sunrise”, on voit une bonne arriver dans la nuit, dans une villa magnifique, faire le ménage et repartir à l’aube pour laisser la maison aux propriétaires : deux mondes s’affrontent.

Je ne prends pas position. Je donne les différentes versions de l’histoire. J’évite de congestionner le regard. J’ai pris une maison Mies van der Rohe en Angleterre et un paysage de Flandre avec au loin, si vous regardez bien, les centrales nucléaires de Doel. En ne prenant pas position, les sensations peuvent venir. Depuis mon enfance, j’ai appris à faire la paix, alors que personne ne s’intéresse à la paix, trop peu sexy. J’avais des parents qui se disputaient et ont divorcé et je devais choisir entre eux, ce que je n’ai jamais voulu faire. La guerre des Belges ne m’intéresse pas plus, mais je regarde ce que les Belges peuvent avoir en commun.

Comment expliquez-vous que la Flandre, petite, ait tant de bons artistes et si différents : Tuymans, Fabre, Delvoye, De Bruyckere, Borremans, vous…

La Flandre est trop modeste. Cela reste finalement toujours une région dominée par les « prêtres » où les citoyens se taisent. Les artistes qui sortent aujourd’hui du lot ont dû se battre pour arriver là, ils sont les nouveaux prêtres, les exceptions qui parlent à une masse qui ne dit rien. Il faut du courage, mais cela génère de bons artistes. Aux Pays-Bas, où tout est verbalisé, il y a moins d’artistes.

Revenons à vos vidéos qui, souvent, jouent sur le jour et la nuit, ou l’entre-chien et loup quand tout devient indécidable

J’essaie que nos yeux sentent ces rythmes du jour et de la nuit, du soleil qui se lève. Dans les salles, les films sont les seules lumières et les yeux s’y habituent. Puis quand, dans » Sunrise », la bonne sort, roule en vélo le long du canal et que le soleil se lève, nos yeux sont éblouis par le souvenir qu’ils avaient gardé de la lumière du soleil.

Souvent vos films sont liés à l’architecture. “Bordeaux piece” se passe dans la maison de Rem Koolhaas.

J’ai depuis toujours une faiblesse pour l’architecture et j’ai longtemps collectionné des photographies d’architecture du début du XXe. L’architecture est un outil pour composer mes films, pour chorégraphier les personnages. Dans « Sunrise », la maison contemporaine aide à voir que la femme de ménage n’est finalement pour les proprios qu’une machine de plus qui sert à nettoyer et à faire le café. Au départ j’étais peintre (NdlR : Claerbout fait de très beaux dessins préparatoires à ses films) et puis j’ai fait de la lithographie, qui m’a aidé à réfléchir à un procédé alors que la peinture m’a aidé à penser à la composition. Ma position par rapport à l’histoire de l’art est romantique, je ne m’inscris pas dans une histoire mais je jette des ponts. Mon travail qui étudie le temps veut être hors du temps.

A quoi sert l’art ?

L’art est un des rares endroits où on peut se situer en dehors des urgences, en ce sens, c’est une prise de position politique, si vous voulez.

Vos œuvres sont parfois interactives avec le spectateur.

Oui, mais il ne s’agit pas de faire participer le spectateur au film comme rêve de le faire le cinéma, et surtout le cinéma en 3D. Au contraire, quand, dans « Rocking chair », la femme se retourne vers vous, c’est pour signifier que vous n’êtes pas avec elle.

« Le Temps qui reste », exposition de David Claerbout au Wiels

James Turrell

 

In 1977, James Turrell purchased a parcel of land in north-central Arizona near the Painted Desert and the Grand Canyon. The centerpiece of this land is a 600-foot-tall dormant volcanic cinder cone, the location of Turrell’s Roden Crater Project (1979– ). The artist first discovered the site while doing an aerial survey in 1974, after seven months of searching for an appropriate location for his planned naked-eye observatory. Still under construction, the observatory will eventually comprise a network of pathways, tunnels, and mostly subterranean spaces with apertures designed to enable the viewing of atmospheric phenomena. Inspired by ancient architecture such as Mayan pyramids and by his own Quaker upbringing, Turrell aims to create a spiritual, contemplative environment in which the wonder of the natural world is isolated and amplified. Roden Crater’s volcanic formation preserves evidence of a terrestrial event, representing for the artist the passing of geologic time. By opening the crater up to the sky, the observatory will marry the geologic and the astronomical.

Turrell has made numerous drawings, photographs, prints, and models of the site over the past four decades. Crater Site Plan with Survey Net (1986) is among a group of drawings he created in 1985 and 1986 that map out the locations of aboveground walkways and underground tunnels. This two-part work shows an aerial view of Roden Crater, paired with an elevation view of the planned subterranean spaces. Turrell created the work by transferring photographic images onto Mylar sheets using wax emulsion. He then applied markings to the image by removing the wax or drawing over it with ink, paint, and wax crayon. The two sheets are framed separately and hung to abut one another. The aerial source image, taken by the artist, honors the extension of human vision through flight—aeronautics is a passion of the artist’s—while the instrument of the architectural plan refers to the logic of human perception. In this way vision and perception, both essential to the wonder of the Roden Crater Project, are also present in their particulars in this drawing.

“My desire is to set up a situation to which I take you and let you see. It becomes your experience.”

“In this stage set of geologic time, I wanted to make spaces that engage celestial events in light so that the spaces perform a ‘music of the spheres’ in light.

 

 

Winter Solstice Event recorded at Roden Crater on December 11 2012-HD

 

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