Exercice intégré - partie 2 : la structure concentrée

Lors de la première partie de l’exercice intégré, il s’agissait de constituer un monde et d’y injecter une trajectoire qui vient le fendre, briser son unité interne, avec un "que se passerait-il si...".
Dans cette deuxième partie de l’exercice, il s’agit de déployer ce "si" en un arc dramatique. Pour nous aider, rien de tel qu’une structure concentrée qui permettra d’articuler ses différents moments.

Par Structure on désigne l’ensemble de « ce qui arrive » aux personnages à l’intérieur d’une histoire : événements, péripéties, situations, anecdotes. Elle est considérée comme dramatique (il faudrait dire dramaturgique) quand elle fait agir et réagir les personnages, impulse de l’extérieur leur « système » d’activité déterminé par ailleurs (de l’intérieur) par leurs caractères.
La structure se construit donc sur une préoccupation presque unique : la chaîne plus ou moins ferme des causes et des effets qui s’applique aux personnages. Est donc pertinent, fondateur, dans une structure dramatique ce qui génère de la cause et produit de l’effet.
Nous appellerons structure dramatique concentrée, ce modèle lorsqu’il est appliqué de façon académique, à savoir systématique et continu. Elle sera, au contraire, diffuse lorsqu’on n’y retrouvera pas l’ensemble de ses articulations fondamentales, ou qu’il s’y opèrera des discontinuités, des aberrations ou des "pauses" dramatiques.

Objectif

1. Construire un ensemble d’événements qui incarnent les moments dramaturgiques fondamentaux suivants : 1° Ouverture – 2° Exposition – 3° Plot I – 4° Progression/Développement (qui requiert plusieurs étapes génératrices de cette progression) – 5° Climax (qui appartient et constitue le sommet de la progression) – 6° Plot II – 7° Résolution – 8° Etat des lieux.
A ces moments on peut en ajouter deux, non systématiques : l’incident déclencheur, lors de l’exposition, et le point de non-retour, lors de la progression dramatique.

On remarquera immédiatement la symétrie de cet ordre :
- A l’ouverture, qui présente les premiers ingrédients dramatiques dans leur état initial (de causalité sans effet), répond l’état des lieux, qui fait le bilan de leur état final (d’effet sans causes) au moment du baissé de rideau.
- A l’exposition, qui enracine les ingrédients dramatiques dans un état général relatif d’équilibre, répond la résolution qui leur rend leur équilibre final.
- Au plot I, qui déclenche la succession des obstacles (et conflits) producteurs de progression, répond le plot II, qui autorise leur achèvement définitif.
- Et, au cœur de l’édifice, le développement, moment de tous les conflits, à l’intérieur duquel se situe le Climax, sommet dramatique de tout l’ensemble.

2. Suivre un modèle de construction, dicté donc a priori, avant de travailler sur la succession des scènes. Articuler l’histoire d’en haut, plutôt que de l’intérieur (à partir de l’activité).

Contraintes

Cet exercice se déroule en 4 temps :

1. Dessiner sur une feuille le dessin et les articulations de l’archétype décrit plus haut.

2. Piocher le protagoniste dans la boite à image et l’accrocher au dessus du schéma. Nommer ce protagoniste. Lui associer un caractère ou deux.

3. Le long de cette ligne du temps, placer une série d’images provenant de votre Boîte à images, pour construire une histoire complète. Veiller à leur variabilité en choisissant des images riches en interprétations.

4. Écrire un step outline (qui se dit, en français dans le texte, scène-à-scène), résumé en 3 lignes maximum de chacune des scènes auxquelles les images disposées sur la ligne du temps correspondent. Pensez à inventer/introduire dans le step outline des choses qui ne sont pas directement visibles dans l’image accrochée. Plus il invente, plus il sera riche.

5. Rédiger le pitch de votre histoire, résumé en 3 lignes de la totalité de l’histoire.

Matériel à réunir par les étudiants

- Votre Boîte à images.
- Papier collant, ciseaux, ce qu’il faut pour que ça tienne.

Matériau produit

- Une histoire structurée dans l’espace.
- Une histoire complète sous forme de texte analytique/synthétique : la succession du scène-à-scène.
- Un résumé elliptique de cette histoire : le pitch.

Documents projetés et distribués

- Un épisode de la série Twilight Zone : The shelter, réalisé par Lamont Johnson.
- Blonde platine, d’Adrian Tomine.

Durée de l’exercice

Une séance. On travaille désormais individuellement