Posts from mars 2009.

LE LIVRE

Le livre est un ensemble décroché qui pend à l’intérieur de l’espace du monde non pas des guillemets qui donneraient son accent à la phrase mais une phrase chassée sur la surface du livre là où précisément se recompose la fumée de cigarette le moiroitement du verre de la salle de café à l’intérieur du mouvement qui recompose la structure de la phrase dire alors l’un quelconque de ces mots non pas comme des mots mais comme l’égal des éléments du monde sans cesse repris dans l’idée qu’on s’en fait tout est toujours déjà dit une phrase dans le monde n’est jamais qu’un certain nombre de mots en trop et c’est le jeu visible bien qu’invisible des guillemets élément de sécurité de cet espace dans le monde dans son espace il y a la violence des signes guillemets tiret virgule parenthèse ils font jouer la matière créent en elle des forces qui l’attirent dans un sens ou dans l’autre parfois et c’est une idée du temps qu’il faut entièrement réviser il peut sembler que le livre c’est-à-dire le livre réduit au jeu de ses séquences est pris à l’intérieur du jeu tel ou tel signe on a l’image précise physique de cette action aiguë électrique du signe faisant passer de l’électricité dans un seul sens créant un système de polarisations à l’intérieur des séquences rassemblées et pulvérisées (…)

Pierre Rottenberg

Pierre. Et les Autres.

Spectres

On m’a demandé, imaginez ma stupeur, comment je « mets en forme » ? Mes « grilles » ? Mes « trucs » ? Mes « postures » ? On m’a demandé de dire quelques mots de « ma » réthorique.

Si je ne savais pas d’où viennent ces question (d’un être cher, d’un ami), j’aurais tout lieu de croire qu’il s’agit d’une plaisanterie.

L’écriture. J’ai toujours envie de parler d’autre chose. Ou de rien. Et pourtant, au fur et à mesure qu’elle s’éloigne (les mots ne me vistent plus ou rarement), n’y aurait-il pas avantage à se souvenir d’elle ?

Le mot « réthorique » me désespère, ou encore me fait pleurer (de rire).

Me fascine depuis toujours le sentiment qu’existent presque en nous des gestes que nous n’apprenons pas. Ne plus écrire. Ne plus écrire, non pas par rétention, par abandon. Ne plus écrire comme on ne regarde plus. Il n’y aurait plus rien à voir. Ou alors : j’ai déjà vu. Que gagnerais-je à regarder encore ?

La réthorique me toucherait s’il était possible (plausible) qu’elle s’applique ou concerne des formes qui n’existent pas. Les spectres par exemple. Les spectres dans les maisons qu’on habitait. Les rêves qu’on n’habitera plus. Qu’on nous a pris.

Spectre que devient celui qui, à un point inouï de précision, sait tout ce de qui fut et revient, ne veut rien savoir de ce qui arrive.

Ce n’est pas ma voix dans ces livres. C’est une voix que j’ai prise pour la mienne. De la voix que j’ai prise, il ne reste rien, que des livres. C’est à dire rien.

« Rien » ne désigne pas précisément un livre, mais le reste par quoi une voix peut être dite détruite.

Le livre détruisant la voix n’a par conséquent aucune raison d’être à son tour détruit. Ou s’il l’est, cela n’a plus aucune importance.

Voir et dire. Dire ce que l’on voit. Ce n’est jamais aussi simple.

Il faudrait voir pour dire. Avoir le désir de voir. Le désir de dire. Désir de quelque chose. N’importe quoi.

Dedans les mots, c’est toujours la nuit noire. Que dire (de plus) du noir ? Laisser le noir écrire. Laisser le noir. Il en sort parfois quelques mots.

Je vois à tel point que j’écris. À tel point que ce que j’écris n’a rien à voir avec ce que je vois.

Après l’écriture, comme à la sortie d’un tunnel, la vue (quelque chose comme la vue) revient. Instant toujours précédé d’un vacillement entre la nuit et la nuit.

La « raison de plus » est que je n’ai pas regardé les objets. Je ne comprends rien aux objets. J’ai essayé de regarder les corps. De les entendre.

Je n’ai pas écrit ce que j’ai vu pour ne pas perdre deux fois : ce que je vois et ce que j’écris.

Je vous ai regardé, et je vous regarde. Vous ne savez pas que je vous vois. Vous ne la saurez jamais.

Vous ne me regardez pas. Je vois un linge sur votre tête. Un linge, oui. Mais pas seulement.

Je vois je ne sais quoi de malicieux dans votre regard. J’ai honte de vous regarder ainsi.

Je fixe vos yeux qui somme toute regardent.

Je ne soutiens pas votre regard.
Mai 1984 - revu en février 2008

© AC
Avant-propos de « Une raison de plus d’aller en enfer »
Editions Flammarion, collection Textes, 1985

Produire…

(Pour Pierre. Et d’autres.)

« Produire, je ne sais pas ce que cela veut dire, le regard c’est déjà beaucoup de travail. Quelquefois je donne deux coups de pinceaux sur une toile et je suis presque épuisé. Parfois je peins pendant trois jours sans trouver le sommeil et je n’ai pas l’impression d’avoir travaillé… »

« … Ce que j’aurais souhaité, c’est une rétrospective sans mes Å“uvres, mais il faut avoir une qualité dans la disparition que je n’ai pas encore. »

© Jean-Luc Blanc
In : Particules n° 21, octobre/novembre 2008

chloë

Expo Mattotti à Brüsel

Annotations sur le paysage, Lorenzo Mattotti

Expo gratuite à la galerie Brüsel,

100, boulevard Anspach , 1000 Bruxelles

jusqu’au 30 mai!

Miroir de bois - Daniel Rozin - interactive art

Voilà, mon travail d’animation étant de la peinture a l’huile sur miroir, en farfouillant sur internet voilà la merveille que j’ai trouvé!

Un miroir de bois, tout un mécanisme alliant caméra directe, pièces de bois s’inclinant suivant tel degré pour représenter un tel niveau de valeur, un bon moteur (enfin plutot 830)… Tout cela reflète instantanément la personne qui se trouve face à ce drôle de miroir.

Kentridge / Sarhan !!

Telegrams from the Nose (2008)*

François Sarhan (musique), William Kentridge (images / cinéma d’animation)
Ensemble Ictus, Georges-Elie Octors (direction), François Sarhan (récitant)

Sur une musique originale de François Sarhan (avec le compositeur lui-même en pantomime) et des textes de Daniil Harms, William Kentridge propose un moyen-format de 35 minutes entre théâtre musical, vidéo d’images animées, installation, qui est aussi étude préparatoire à la mise en scène du Nez de Shostakovitch pour le Metropolitan Opera.

Evocation des années ‘20 en Russie : futurisme et constructivisme se mêlent aux minutes des procès staliniens. Disparition, menace et oppression sont masquées par le grotesque, la vitesse, la vitalité : la terreur s’installe, mais dans une vague de frénésie et d’imagination artistique débridée.

Sur une toile peinte à la manière d’un vieux magazine vantant les avancées de la science, Kentridge projette un turbulent théâtre d’ombres humaines, qui courent vers la victoire de l’homme nouveau.

La musique de Sarhan, modernsky à souhait, en précipite la course. Mais la représentation dérape: à tout moment, la censure l’interrompt.

4 avril
Kaaistudio’s
19:00

Bruxelles
€ 7,5

Toutes les infos peuvent etre retrouvées sur le site www.arsmusica.be (ou pour toute autre représentation)

2 EXPO !!!

1) Le « petit-maître de la médiocrité » - J LIZENE au Mukha

(jusqu’au 27 mars)

2) SENSATIONAL FIX: SONIC YOUTH à la Kunsthalle Düsseldorf

Le vendredi 27 mars!

départ: à 7h30 précise de la place Morichar à Saint-Gilles

retour: départ de Dusseldorf à 18h

le prix du voyage + expositions : 25euros par personne

Veuillez vous inscrire et payer la somme de 25€ auprès de Catherine Sug au secrétariat de l’Erg (Voyage organisé par le SOAP ART 2 et 3)

J’en profite pour vous filer le lien pour télécharger les 6 numéros SONIC DEATH, (super) Fanzine des Sonic Youth…

Au boulot!

voilà! maintenant qu’on sait vers quoi on se tourne c’est l’heure de bosser!

Toma

Cabane en bois? Maison de bois - contemporain svp, de Sou Fujimoto

Quand je pense à notre installation, il m’est venu directement en tête, cet architecte japonais qui fait d’une petite maison de week end un jeu de construction et d’imbrications où chaque élément s’empile et se décale pour créer un nouvel espace de vie, un nouveau regard.

“De ces imbrications et découpes naissent les espaces intérieurs, coin repas, espace de repos, mezzanine ou rangements. Les plans verticaux et horizontaux se fractionnent et se décalent. Les différences de niveaux se multiplient. Entre les chevrons, des interstices aux formes irrégulières remplacent les portes et les fenêtres. Quelques décalages habiles permettent à l’habitant d’improviser ses assises, ses tables ou ses étagères où bon lui semble.”

A méditer…

Chloe

Projet portes ouvertes

Compte rendu de la rencontre avec Thierry Decuypere (architecte, Bureau vers plus de bien-être V+)

Comme vous le savez, nous étions parti sur l’idée d’étagères formant un espace (« cabane »)à l’intérieur de l’espace. Cependant en discutant avec Thierry Decuypere, il s’est avéré que le principe « étagère » n’était pas des plus judicieux (pas très pratique pour la manipulation, pas vraiment de mise en valeur des travaux, trop cher…) après plusieurs essais et propositions, nous sommes arrivés à un projet, se basant sur l’idée du présentoir. Donc, l’idée, c’est d’avoir pour seul matériaux plus d’une centaine de boîtes en carton (toutes identiques), qui, dans leurs assemblage, formeraient un parcours, se disposant tout aussi bien comme présentoirs, comme tables, comme étagères, comme sièges, comme écrins… (voir le croquis maladroit) Une installation pratique, simple, facile à réaliser, originale, et chouette !!
Le tout est maintenant de trouver une « factory » fournissant à moindre coût ces boîtes et de se prendre un après-midi pour la construction. Un autre RDV à donc été fixé (en espérant que tout marche comme sur des roulettes !) le mercredi 18 mars, à partir de 14h avec Thierry Decuypere !
Qu’en pensez-vous ?

Fleur