FLASH – Le Rayon Vert de Eric Rohmer

1986 – Film tourné avec le budget d’un téléfilm de l’époque. Selon Rohmer, la télévision avait mieux compris les leçons de la Nouvelle Vague que le cinéma.
Pas de scénario. Tous les dialogues sont improvisés. Marie Rivière, l’actrice principale est donc aussi créditée en tant que scénariste.
Ce film est l’illustration des vers 5 et 6 de la Chanson de La Plus Haute Tour d’Arthur Rimbaud. « Que le temps vienne où les coeurs s’éprennent. »
Mais le rayon vert est aussi un phénomène optique, c’est un éclair vert qui apparait par temps dégagé au bord de l’océan au moment du coucher du soleil. On dit que celui qui voit ce rayon peut alors lire dans ses sentiments et ceux des autres.
Ce film est comme un parcours initiatique pour le personnage principal, Delphine. Un parcours au cours duquel elle doit apprendre à se construire et trouver son chemin sans se perdre dans les suggestions et les influences des personnages rencontrés sur son chemin.

FLASH: The Last Century

Sam Tailor Wood est une artiste contemporaine anglaise, réalisatrice, photographe et vidéaste.
The Last Century est une de ses installations videos.
Un homme est assis dans un pub et sa cigarette se consumme lentement. La scène est entièrement statique à part le clignement involontaire,  la respiration a peine visible de quatre acteurs immobiles, arrangés autour d’une figure centrale comme dans un portrait de groupe de Rembrandt ou Caravaggio.

La scène représentée évoque un présent figé, un arrêt sur image. Peut être que l’action se passe ailleurs, si on en croit le rire de la femme sur la droite… Lui a le regard dans le vague, l’air perdu dans son ennui.
Il faut un certain moment pour se rendre compte qu’il s’agit d’une vidéo, qu’il y a un mouvement, que le temps s’écoule. Alors, ça devient amusant de détecter les signes de fatigue chez les figurants, ça se transforme en performance.

Au delà de ça, cette video a l’effet de perturber le spectateur, de le mettre en doute sur ce qu’il voit et en réflexion sur l’écoulement d’une durée, sur sa perception.

FLASH : Plan-Séquence

Bonsoir à tous
Pour mon flash du mercredi 5/12, j’avais décidé de parler du plan-séquence, et plus particulièrement de ceux utilisés par Alfonso Cuaròn dans « Children Of Men », (les Fils de l’Homme) (2006).
Voila la matrice de ce film, pour ceux qui ne l’ont pas vu, c’est la première scène qui donne le ton du film dans le fond et dans la forme (c’est un plan-séquence), ça peut vous donner envie de le voir et de profiter de ces plans magistraux… (que je spoile dans la suite du flash… désolé)
Children Of Man – Opening Scene
En me renseignant sur son travail et ses influences, j’ai trouvé que le film dont il s’était inspiré pour ces plans magistraux et son ambiance était « Sunrise : The Song Of Two Humans » (l’Aurore) (1927) par Friedrich Wilhelm Murnau, cinéaste expressionniste allemand.
Je regarde donc ce film et note 3 plans séquences en particulier
1-Sunrise (part1) à 4’37
On peut voir la femme de la ville sortir de chez elle en arrière-plan, avec un couple de vieux discuter au premier-plan, en la regardant par coups d’oeils. Puis lentement la femme s’avance en longeant sa maison, et la caméra décroche du couple de vieux pour avancer dans le bled avec la femme. La caméra la suit à une distance de quelques mètres, nous avons un changement de point de vue. La femme passe à un moment à côté d’une maison dont la fenêtre est éclairée, elle jette un oeil à l’intérieur mais la caméra ne filme pas ce qu’elle voit, car ce n’est pas l’objectif de cette marche. En effet, quelques mètres plus tard, la femme s’arrête devant une autre maison, qui est celle de son amant, maison dans laquelle la caméra va s’immiscer…
Ce premier plan-séquence de 1 minute apporte déjà un effet de réalisme à la mise en scène, par la caméra qui suit le déplacement du personnage.
Je me permet le parallèle avec cette scène de Children Of Men
Children of Men à 43’20
La façon dont Cuaròn a filmé Clive Owen en plan-séquence le long des voitures pour s’échapper du camp. On est dans la caméra qui suit le sujet de façon presque documentaire.

2-Sunrise part2 (forêt de nuit)
Dans ce plan-séquence, Murnau a une façon d’intégrer deux temporalités différentes et de les condenser dans un seul plan-séquence. On suit l’homme dans les bois qui marche pendant une vingtaine de secondes, puis à un moment donné, la caméra passe de derrière lui à devant lui, et comme si la vision de la caméra remplacait celle du sujet, on peut voir à travers les feuillages la femme de la ville qui attend l’arrivée de l’homme. Elle le voit arriver au loin, sur la gauche de l’écran, alors que si on s’en était tenu de respecter l’espace et le temps présentés par la caméra quand nous suivions l’homme, elle aurait du regarder vers la caméra, et mettre beaucoup moins de temps. Murnau joue sur la durée et sur la mise en scène pour recréer une nouvelle dimension avec le plan-séquence : ce que nous voyions au début avec l’homme est en fait ce qui se passe pendant que la caméra filme la femme.
On note quelques coupes dans le plan-séquence, sans doute à cause du matérielle la prise a du être réalisé en plusieurs fois, et le plan-séquence réalisé par collage de plans (dites-moi si je me trompe, mais je me doute que les contraintes techniques ont dû affecter ce travail), mais Murnau a eu dépassé ces soucis techniques pour obtenir le plan-séquence, et donner par ce plan une nouvelle appréhension, une nouvelle possibilité d’appréhension d’une réalité imagée. Le plan-séquence apporte une nouvelle forme de rapport à l’image et de réalisme.
On peut faire le rapprochement dans le travail technique avec une scène culte des Fils de l’Homme  (spoiler pour ceux qui n’ont pas vu le film)

Children of Men – Car Scene (durée : 3min58)
Pratiquement impossible à déceler ici, mais des raccords sont bien utilisés pour préserver la continuité de la scène. C’est Frazer Churchill, superviseur des effets visuels, qui l’a dit dans une interview donnée à Variety : le plan-séquence de l’embuscade a été tourné en six prises et sur trois lieux différents. Pour Alfonso Cuarón l’essentiel était surtout de conserver la perception d’une chorégraphie fluide à travers les pièces de ce que l’on pourrait appeler un puzzle
(source wikipedia)
soucis du dépassement technique donc, par la façon de filmer et la post-production, mais aussi par la production : la voiture a été arrangée spécialement pour tourner ce plan, la caméra était fixée sur une machine vissée au toit de la voiture qui était ouverte, et qui pouvait donc se balader pour filmer la voiture sous tous les angles possibles pendant que les acteurs sont attaqués (et réellement surpris) par une meute qui leur tend une embuscade, leur envoie du cocktail molotov, leur tire dessus, les poursuit en moto, avant qu’ils ne prennent la fuite et ne tombe sur une patrouille de police… Un plan-séquence de malade réalisé sur des kilomètres !
Children Of Man – Making the Car for the Ambush Shooting

3-Sunrise – arrivée en ville à 3’35
Plan de l’arrivée en ville de l’homme et de sa femme (qu’il a tenté de tuer, envouté par la femme de la ville), sa femme s’enfuit en traversant un rond-point et l’homme la poursuit et la rattrape au milieu du passages des voitures (ce qui a du être compliqué a tourner aussi à l’époque, au vue de la taille du matériel… là encore, je suppose)
Ce court plan-séquence de 40 secondes m’a fait penser à l’arrivée dans le camp de réfugiés de Théo et de Kee, et surtout à leur échappée (attention gros spoiler ! scène finale)
Children of Men – End Scene (durée : 6min18)
le plan-séquence de la bataille finale a été effectué en cinq prises, préparées sur quatorze jours, la dernière prise aurait été la bonne apparemment. (notez la performance d’acteur qui doit retranscrire la panique, la peur, la SURPRISE, l’instantanéité de l’action dans des prises aussi longues et répétées…)
Voila, j’ai essayé de montrer par ce flash comment deux oeuvres éloignées dans le temps et dans l’expérience de la pratique du cinéma et du support vidéo, ont innové et ont proposé une nouvelle appréhension de l’image par le plan-séquence, en dépassant les contraintes techniques de la taille de la pellicule, de la mécanique ou de la post-production pour proposer cette façon de filmer qui peut rajouter autant d’effet réaliste et documentaire (chez Cuaron) que surréaliste voir ésotérique (Aurore de Murnau, ou encore Mirrored de Tarkovsky,  Enter The Void de Gaspar Noé dont je n’ai pas parlé parceque je le trouve chiant, à comparer de Seul Contre Tous par exemple, mais le sujet n’est pas Gaspar Noé…)
En petit bonus, voila un court-métrage excellent qui a été réalisé en un plan-séquence ! Il été projeté au festival du court-métrage international de Clermont-Ferrand, et ça s’appelle La Peur, Petit Chasseur (Laurent Achard, 2004) !

Enjoy
La Peur, Petit Chasseur

FLASH : Turkish Star Wars

L’homme qui sauva le monde (titre originel : Dünyayı Kurtaran Adam) plus connu sous le nom « Turkish Star Wars », est un film turc de science-fiction et d’aventures réalisé par Çetın Inanç et sorti en 1982.
INTRODUCTION 

La pauvreté technique de la réalisation entraîne une énorme liberté de montage, sans aucune limite. Le film récupère massivement des images de Star Wars, mais aussi des images d’archives, de documentaires. Même la bande son n’est constituée que de récupérations, ( Les Aventuriers de l’Arche Perdue, Flash Gordon, Ben Hur, Silent Running, La planète des singes, le Trou Noir, Moïse ou encore Moonraker), repris par petits morceaux. ( À noter que le casque du pilote est astucieusement fabriqué à partir d’un casque de moto et d’un casque audio.)

SCÈNE DE BAGARRE 

Plutôt que de s’attarder sur la compréhension de la scène par le montage, les auteurs ont privilégié un montage dynamique, qui devient presque abstrait. Les plans sont très courts, parfois subliminaux ( de visage, de monstres….). La musique est constitué de cuts rapides synchronisés avec les coups portés par les acteurs, et prend ainsi le rôle du bruitage. Dans Turkish Star Wars, l’ambition et l’imagination des auteurs est largement au dessus des moyens employés, ce qui rend l’oeuvre à la fois naïve et touchante.
> Le film en entier sur Youtube ICI. La filmographie du réalisateur ICI. Et sa tête ICI.

 

Flash 3 du 7.11.12

Présentation de Epic Tea Time with Alan Rickman, par David Michalek, dans le cadre de son projet Portraits in Dramatic Time.

Présentation de Insoutenable, un clip pour la sécurité routière.

Présentation de Quentin Dupieux à travers un de ses films, Rubber.

 Présentation de Wrong Cops, le prochain film de Quentin Dupieux.