Atelier du 23.01.13

Après les évaluations de fin de premier quadrimestre, projections et discussions autour de quelques vidéos d’étudiant et mise en relation avec d’autres oeuvres. SUITE

Retour sur le film de Dominique Dubosc (La lettre jamais écrite) dont l’élément déclencheur est une photo de Duane Michals, photo accompagnée d’un texte.
« Saisir le réel, prendre sur le vif, capter le mouvement, donner à voir, pour Duane Michals, c’est le piège de la photographie : un faux devoir, un désir maladroit, une illusion sur soi-même. « Les ‘livres de photographie ont souvent des titres du genre : « L’œil du photographe », ou « Le regard de Machin-Chose », ou « Donner à voir », comme si les photographes n’avaient que des yeux et rien dans la tête. » La métaphore du regard, longtemps, a capté la pratique du photographe et lui a imposé une loi : être un oeil, un oeil impeccable et impérieux qui prescrit aux autres ce qu’ils auraient dû voir.
Il y a, chez Duane Michals, tout un travail – c’est là son côté souvent drolatique, loufoque, burlesque – pour se dégager de cette lourde éthique du regard : il entreprend d’annuler ce qu’on pourrait appeler la fonction oculaire de la photographie. De là toute une série de jeux plus ou moins complexes, où l’objectif, sans cesse, laisse échapper le visible, tandis que l’invisible, indûment, surgit, passe et laisse ses traces sur la pellicule. »
Michel Foucault,
« La pensée, l’émotion », in Michals (D.), Photographier de 1958 d 1982, Paris, musée d’Art moderne de la ville de Paris, 1982, pp. III-VII.
Fasciné par le photographe et par une photo en particulier, Dominique Dubosc réalisera même le numéro de la série Contact consacré à Michals.
CONTACT : DUANE MICHALS / 1993 Dominique Dubosc
Comme le pointe Dominique Dubosc, Duane Michals travaille souvent la séquence photographique. Ses séquences sont légendées de sa main, et racontent des histoires. Ironiques souvent, et parfois féroces. “La plupart des photographes sont des reporters, moi je suis un écrivain de la photographie”, explique-t-il.
« Depuis longtemps, les photographes ont pratiqué l’art de la série : soit pour raconter une histoire, comme Robinson racontait Le Petit Chaperon rouge, soit pour dérouler le temps de façon aussi serrée que possible, à la manière de Muybridge, soit encore pour épuiser tous les profils d’un objet jusqu’à l’anéantir. (…) Les séries de Duane Michals ont une tout autre économie. Au lieu de s’approcher pas à pas d’un événement, ou d’une scène, ou d’un geste pour les saisir, comme par maladresse, ou par impuissance, elle les laisse échapper. Une porte s’ouvre lentement, la femme assise sur le canapé est surprise ; elle se retourne un peu, puis, brusquement, se lève dans un mouvement de frayeur qui fait bouger son image et l’efface ; la porte s’ouvre sur rien.(…)
Si Duane Michals a eu si souvent recours aux séquences, ce n’est pas qu’il y voit une forme capable de réconcilier l’instantané de la photographie avec la continuité du temps pour raconter une histoire. C’est plutôt pour montrer, par la photographie, que si le temps et l’expérience ne cessent de jouer ensemble, ils ne sont pas du même monde. Et le temps peut bien apporter ses changements, le vieillissement, la mort, la pensée-émotion est plus forte que lui ; elle, et elle seule, peut voir, peut faire voir ses invisibles rides. »
Michel Foucault, opcit
Duane Michals a rencontré Magritte et l’a adoré. On trouve chez lui bien des procédés «magrittéens» – c’est-a-dire opposés exactement à ceux de Bacon : ils consistent, en effet, à polir, à parfaire une forme jusqu’à son plus haut point d’accomplissement, puis à la vider de toute réalité et à la soustraire à son champ de visibilité familière par des effets de contexte. Il utilise également à merveille la technique de la double exposition pour mêler deux images en une et exploiter son obsession du double. « C’est un vrai langage photogra­phique, cela n’existe pas dans la vraie vie sauf quand l’ivresse monte. »
Michel Foucault, opcit
LIRE l’article de Michel Foucault

ECHO/ des images qui révèlent… D’autres images hantent, provoquent, font réagir.
Au moment d’appuyer sur le déclencheur, Issouf Sanogo est loin de soupçonner les vagues que sa photo va provoquer, lui qui ne trouve pas la scène « particulièrement extraordinaire, ni choquante. »
Elle montre un soldat français déployé à Niono, dans le centre du Mali, dans le cadre de l’intervention de l’armée française dans ce pays.
Et le photographe de préciser qu’il n’y a « aucune mise en scène » dans cette image, en dépit de ce que la grande beauté du cliché peut suggérer. C’est que l’image possède, à la faveur de la contreplongée et d’une lumière étonnante, un cachet quasi cinématographique ; elle évoque aussi un jeu vidéo, le foulard squelettique rappelant un personnage de la série Call of Duty.
Call of Duty est une série de jeux vidéo de tir subjectif sur la guerre. Traduit de l’anglais, le nom de ce jeu signifie littéralement « L’Appel du devoir ».
« Ce masque pose un problème de communication militaire et politique », comme le précise François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’Iris et auteur de Terrorisme, violence et propagande (Gallimard, 2011). « (Les) soldats (Français) sont censés mener une opération propre et légale contre des criminels. Intervenant avec l’accord de l’ONU, ils sont censés être impeccable. Mais en jouant les histrions tragiques, ce soldat fournit des arguments à la propagande adverse. Il donne l’impression que nos soldats pourraient être du côté des bandes de voyous. Cette image pourrait être exploitée par la propagande djihadiste qui pourrait y voir « les croisés au service de la mort ».
Il y a un deuxième niveau d’interprétation. Nous ne sommes plus dans l’illusion du zéro mort. Dans cette guerre au Mali, le gouvernement a décidé de jouer la fermeté. Ce soldat nous rappelle que nous allons faire une guerre où il y aura des morts. »
L’image est donc trop puissante, elle donne l’image de la réalité que l’on veut cacher.
Pour Quentin Girard, dans Libération, » le message que l’homme véhicule est très clair : je suis venu apporter la mort. (…) Le soldat imite un personnage de Call Of Duty, Ghost, un membre des forces spéciales américaines, d’origine britannique, qui porte le même type de masque. Ce qui indique sans doute qu’il est conscient qu’il est ici «au péril de sa vie» puisque Ghost, dans Modern Warfare II, un des épisodes du jeu, meurt ». Pourtant, on trouvait déjà, sur le net des militaires américains arborant des foulards « imprimés squelette » (3ème Photo à gauche en haut), avant l’apparition du Ghost du jeu vidéo. Qui influence qui? Difficile à dire, d’autant plus que, comme le précise encore Quentin Girard, « ce n’est pas la première fois qu’un soldat mélange la guerre et les jeux vidéo. En novembre dernier (2012), des membres de l’unité Seal Team 6, celle qui a tué Ben Laden, ont été sanctionnés par leur hiérarchie pour avoir conseillé les concepteurs du jeu Medal of Honor Warfighter.
Au-delà des références à Call of Duty, que tout le monde ne possède pas, la photo touche le spectateur par l’évidence du message. Depuis le Moyen Age, la mort est représentée par un squelette décharné qui amène l’Apocalypse sur les terres qu’il traverse. Pis, de Pieter Bruegel à Felix Nussbaum en passant par le Masque de la mort rouge d’Edgar Allan Poe, il le fait avec le sourire. »

ECHO/ des images qui révèlent… Autre image qui révèle, sans doute trop fortement, ce qui est en jeu. Lors d’un débat organisé dans le cadre de la campagne précédant les élections européennes, La rédaction de France 2 organise un débat entre Jean-Marie Le Pen et Bernard Tapie.
FRANCE 2 / DEBAT LEPEN / TAPIE – JUIN 1994 Paul Amar VOIR
Contraint à ce débat par Jean-Pierre Elkabbach, alors président de France Télévisions, Paul Amar estimait que ce débat ne pouvait être qu’un pugilat entre les deux hommes. Pour « mettre une image » sur cette sensation, il propose des gants de boxe aux deux contradicteurs.
Là aussi, l’image est trop forte. A cause du tollé général qui a suivi, il sera contraint de démissionner, alors qu’il était présentateur vedette du 20 heures de France 2.

ECHO/ des images qui révèlent… Autres images qui déclenchent, un film cette fois, un peu comme la photo de Michals pour Dubosc, l’annonce des résultats du premier tour de la présidentielle française de 2002. VOIR
Devant son poste de télévision, comme beaucoup, d’autres français: Jean-Gabriel Périot.
Il reçoit ce résultat comme une giffle.
21.04.02 / 2002 Jean-Gabriel Périot VOIR
« Ce film mixe, par un montage ultra-rapide, des images tv, des photogrammes de film, des pubs, des images pornographiques, des photos de famille… L’impact violent que crée ce film reflète la confusion et la saturation visuelle qui nous submerge aujourd’hui.
C’est une réponse au soir du 21 avril 2002. Premier tour des élections présidentielles françaises où Jean-Marie Le Pen est arrivé en deuxième position. C’était aussi la date de mon anniversaire. » écrit Périot sur ce film.

ECHO/ des images qui révèlent…et suite au film « légumier et politique (de merde) », #67 / 2012 de Jean-Gabriel PERIOT. Ce film s’inspire très directement d’un autre film, dont il utilise le procédé, L’île aux fleurs.
L’ÎLE AUX FLEURS (Ilha das Flores) / 1989 Jorge Furtado VOIR
Film pamphlet, systématique et grinçant, ce court métrage dénonce la sous-humanité qu’entraîne l’économie de marché et les 13 millions de Brésiliens sous-alimentés.
Ce film est basé sur une voix off drôle et critique. Ce texte, Jorge Furtado l’a finalement écrit en trois jours. Il a regroupé les données qu’il a obtenues dans un certain ordre, qui est le sien. « Je voulais un texte comme un message envoyé à Pluton, comme si j’allais expliquer la situation à une personne qui ne connaissait pas la différence entre une poule et un être humain, précise-t-il. La fin de mon texte reprenait en fait mon malaise initial: existe-t-il quelque chose de plus grand que la logique, quelque chose de plus puissant que le raisonnement? J’ai alors emprunté une phrase de Cecilia Meirelles pour finir. C’est une formule circulaire, un casse-tête, une métaphore en forme de spirale: ‘Liberté est un mot que le rêve humain alimente. Il n’existe personne qui l’explique et personne qui ne le comprenne’. Ainsi, si on ne sait pas pourquoi les choses ne vont pas, on n’a aucun moyen de les expliquer c’est une caractéristique de l’être humain ». ARTICLE sur le film

ETUDIANT / Vidéo d’Albin Metthey Portrait, recherche graphique sur un visage.
ECHO/ un autre film de Périot, ou il travaille, lui aussi, la décomposition d’un visage.
PRTRT / 2008 Jean-Gabriel Périot VOIR
ETUDIANT / Vidéo de Lola Bonanno Arrêt sur image. Une action suspendue, une conversation arrêtée à jamais. Mais, la cendre d’une cigarette qui va tomber. Mais les personnages qui bougent imperceptiblement…
ETUDIANT / Vidéo d’Elliot Dadat 1/2 4 secondes
Elliot échantillonne un plan de 4 secondes. Du son, comme une rumeur de circulation. Une image, comme une fête avec château et Père Noël gonflables. Et une statue.
Les 4 secondes choisies se répètent. On s’éloigne, ou on se rapproche. Tellement que les pixels de l’images deviennent images.
ETUDIANT / Vidéo d’Elliot Dadat 2/2 Piles et faces. (3 versions)
Un jeune homme assis essaye de faire fonctionner une lampe de poche neuve. A côté de lui, des gens passent ou attendent, pour traverser une rue. Mais la composition de l’image coupe, littéralement, l’image en deux. Les 3 propositions jouent sur cette composition, isolant le personnage – dans sa vaine tentative d’avoir de lumière – des passants. D’abord l’image est montrée. 2 univers qui semblent ne pas se voir. Ensuite, les passants ralentissent anormalement (Slow). Enfin, ils marchent en rebroussant chemin (Reverse).
ETUDIANT / Projet d’Antoine Grimée Projet de Vidéo évoquant le voyage vers un lieu filmé, durant l’enfance, en Super 8. Un voyage qui regarde chaque étape et endroit traversé. Endroits ni plus, ni moins intéressants – peut-être – que le but du voyage.
Antoine trouve un écho à sa recherche, dans le travail de Patrick Keiller.
Architecte de formation, Patrick Keiller poursuit ses recherches au-delà des frontières conventionnelles de l’architecture avec sa première installation audiovisuelle à la Tate Gallery en 1982 puis plusieurs courts-métrages dans lesquels il associe les paysages quotidiens urbains et ruraux à une narration fictive. Viennent ensuite deux longs-métrages, « London » et « Robinson dans l’espace », deux confrontations pince-sans-rire et polémiques entre le monde tel que se l’imaginent les deux protagonistes et la réalité qui se déroule sous leurs yeux.
THE CLOUDS / 1989 Patrick Keiller VOIR en VO
« J’ai réalisé The clouds après avoir lu une série d’ouvrages scientifiques connus, dont La nouvelle alliance d’Ilya Prigogine et Isabelle Stengers. Le document de départ pour le film était un chef-d-’oeuvre de photocopie laser, en couleurs et en noir et blanc, et impliquait (au moins à mes yeux) une fluidité qui, je m’en rends compte rétrospectivement, aurait nécessité une image animée d’un genre entièrement nouveau: véritablement continue, au lieu de n’être qu’une succession rapide de photogramme fixes. » P. Keiller
Des images en noir et blanc du paysage nord de l’angleterre. La caméra se déplace lentement, regarde avec attention, s’arrête parfois. Paysage et architecture se mêlent (…). La narration en voix off est d’une grande puissance. Des citations du De natura de Lucrèce, de mythes de la création du monde se répondent dans un monologue par lequel le narrateur tente de reconstituer l’histoire de sa vie et cherche ses racines.
ROBINSON DANS L’ESPACE / 1997 Patrick Keiller Court EXTRAIT
« Dans ces films Patrick Keiller scrute le monde qui l’environne avec une rigueur éblouissante et très dérangeante. Sa vision est hautement personnelle et affreusement juste. » Harold Pinter
Patrick Keiller tourne son premier long en 1997, intitulé London, dans lequel il ausculte les raisons culturelles et politiques du déclin de la ville à travers une voix-off, celle de l’acteur Paul Scofield. En 1997, il réitère l’expérience pour Robinson dans l’espace. Avec le même narrateur, qui suit toujours son ami Robinson dans ses balades, Keiller effectue un état des lieux de l’espace urbain en Angleterre. Les deux films critiquent la politique économique et urbaine menée sous les ères de Margaret Thatcher et John Major.
S’apercevant à la fin de sa première enquête (dans le film London) que « la véritable identité de Londres est dans son absence », Robinson quitte la capitale et, après avoir étudié le problème de Londres, se penche dans « Robinson dans l’espace » sur le problème de l’Angleterre.
Ayant été licencié, il quitte la capitale. Il aurait aimé devenir espion, mais ne sachant pas trop à qui s’adresser il a accepté la proposition d’une agence de publicité renommée de faire une enquête sur le problème de l’Angleterre et son capitalisme de gentleman. Il devient ainsi un étudiant itinérant du paysage anglais, de son économie, de ses collèges, de la malbouffe, de la sexualité de ses habitants…
Paul et Robinson prennent conscience de réalités qui souvent les déroutent (« pour beaucoup la vie, même au coeur des pays industrialisés, consiste à attendre avec ses courses un bus qui ne vient jamais »), leur incompréhension grandit à mesure qu’ils s’enfoncent dans le pays (ils se retrouvent au milieu de nulle part alors qu’ils cherchent des traces de la fumerie d’opium fréquentée par Dorian Gray en suivant les indications du roman).
Le paysage est plus agressif, les barbelés dressés sur les murs d’enceinte s’aiguisent. Distinguer une prison d’un supermarché devient plus difficile, l’atmosphère devient plus sado-masochiste…
Robinson finira par perdre la raison.

ETUDIANT / Projet d’Arsène Filliatreau Splitscreen 1/2
D’un côté, un travelling implacable le long des chaînes de production des objets et meubles Ikea. De l’autre, un travelling bricolé, le long des caisses de cette enseigne suédoise.
ETUDIANT / Projet d’Arsène Filliatreau Splitscreen 2/2
Le film promotionnel grandiose pour un hypothétique aéroport gigantesque à Nantes quadruplé par un double effet de miroir. Hypnotique.
ECHO/ un autre (et dernier) film de Périot, ou il travaille la démultiplication de l’image. L’image n’est pas n’importe laquelle.
NIJUMAN NO BOREI – 200000 fantômes / 2007
Jean-Gabriel Périot VOIR
Le film s’articule autour d’un bâtiment symbolique pour cette ville: le dôme du Palais d’exposition industrielle du département de Hiroshima. On l’appellera par la suite dôme de Genbaku , ou le mémorial de la paix d’Hiroshima ou encore le dôme de la Bombe Atomique. Le 6 août 1945, à 8h15 du matin, la première bombe atomique explosa à 580 mètres du sol, à environ 140 mètres au sud-est de ce bâtiment. Les constructions alentour furent instantanément rasées, mais ce bâtiment, du fait qu’il a subi le souffle de l’explosion presque directement de dessus, resta en partie debout.
Au bout d’un certain temps, les gens se mirent à nommer les ruines de ce bâtiment le « Dôme de Genbaku ». En juin 1995, ces ruines furent classées monument historique et l’année suivante, le 5 décembre 1996, elles furent inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
« Le film, en accumulant autant de photographies chronologiquement, rend en effet visible une histoire architecturale et urbanistique de ce lieu très particulier. Ici, cependant, il ne s’agit pas uniquement de voir une ville se bâtir, mais plutôt de voir une ville se reconstruire sur les cendres de la ville précédente. Le dôme fait lien, il relie ces deux villes « différentes », voire antagonistes. Par lui, cette reconstruction devient métaphorique des enjeux mémoriels du bombardement. La ville moderne est à la fois effacement de la désolation, oubli, mais aussi porteuse d’un espoir, symbole de la vie revenue. » J-G Périot
ENTRETIEN avec Jean-Gabriel Périot sur ce film.
SITE PERSONNEL de Jean-Gabriel Périot

Atelier du 16.01.13

Après les évaluations de fin de premier quadrimestre, projections et discussions autour de quelques vidéos d’étudiant et mise en relation avec d’autres oeuvres.

ETUDIANT / Vidéo de John SILVESTRE / Dans la maison
Réponse à l’exercice « 3 plans », déambulation énigmatique et nocturne dans une maison
Évocation d’un film marquant pour John, autour d’une maison, à travers un plan séquence
> LA PEUR, PETIT CHASSEUR / 2004 Laurent Achard VOIR
Un long plan fixe de neuf minutes pour parler de la violence conjugale. L’enfant recroquevillé près de la niche de son chien semble minuscule à côté de l’horrible bâtisse qui renferme quelques douloureux secrets.
ECHO/ Film d’une heure en plan séquence (essentiellement) dans une maison (émission « Live », produite par Philippe Grandieux pour « la sept »)
LA LETTRE JAMAIS ECRITE / 1990 Dominique Dubosc
Il s’agit d’un plan-séquence de 55 minutes tourné le 11 octobre 1990 (de 16h à 17h) à Kamakura-City au Japon.
L’idée de ce film m’est venue d’une photo de Duane Michals, accompagnée d’un texte : “J’ai toujours espéré que mon père m’écrive un jour une lettre pour me dire où il avait caché son amour pour moi. Puis il est mort et je n’ai jamais reçu la lettre…”
Après la mort soudaine de mon père, j’ai pensé que je pourrais peut-être écrire à sa place cette “lettre jamais écrite” en réunissant les moments (rares) où il m’avait montré son amour.
La fin du film se questionne sur le point de vue « artistique » d’une photographie.
« Mon père m’a demandé: ‘Mais qu’est-ce que tu vois, là? Tu vois sans doute quelque chose que je ne peux pas voir. »
ECHO / Sur la question de ce que l’on voit – ou peut voir – dans une image,
LES PHOTOS D’ALIX / 1980 Jean Eustache VOIR
La photographe Alix Cléo Roubaud, la femme de Jacques Roubaud, commente certains tirages à Boris Eustache (le fils du cinéaste). Dans une sorte de vertige, on s’aperçoit à mi parcours que les images et leurs commentaires ne correspondent plus – la bande-son a divorcé de la bande-image.
ETUDIANT / Vidéo d’ YSATIS DUSSENWART Le test de Rorschach
Vidéo basée sur le célèbre test. Le test de Rorschach ou psychodiagnostic est un outil clinique de l’évaluation psychologique de type projectif élaboré par le psychiatre et psychanalyste Hermann Rorschach en 1921. Il consiste en une série de planches de tâches symétriques et qui sont proposées à la libre interprétation de la personne évaluée.
ETUDIANT / Vidéo de THÉOPHILE DEBACHE
Réponse à l’exercice « 3 plans », où des espaces finissent par se rapprocher
ETUDIANT / Vidéo de MAXIME LEHOUX Amalgame
Comme le titre l’annonce, Maxime mélange des images, des personnes, des concepts, des mots, des idées qui ne sont pas ordinairement unis, et dont les amalgames conduisent à de bien curieuses conclusions. Donc, l’or n’est pas de l’or….
ECHO / et référence importante pour Maxime, le travail de Jean-Gabriel Périot.
INTERVIEW de Jean-Gabriel PERIOT sur son film LES BARBARES VOIR
Dans ce film, les photos défilent par un processus de balayage (Volet vertical), les photos officielles des gens de pouvoir de ce monde se succèdent, les grands se mêlent aux petits, puis ce sont les photos d’équipes sportives, de soldats, de mariages, de pom-pom girls, toujours en rang d’oignons, le sourire aux lèvres.
La distance entre chaque volet diminue progressivement laissant apparaître à l’écran, de nouvelles « compositions » faites de plusieurs parties d’images. Le montage pourrait amuser, si nous n’étions pas rappelés à l’ordre par la musique. Se succèdent alors des images plus brutales, pour finir dans un bain… de feu.
LES BARBARES / 2010 Jean-Gabriel PERIOT VOIR
ECHO / Vidéo de J-G. Périot ayant influencé Maxime
#67 / 2012 Jean-Gabriel PERIOT
« Un film légumier et politique (de merde) » dixit Périot. VOIR

L’atelier du spectateur # 1 / Pialat

Le 3ème jeudi de chaque mois, en collaboration avec l’atelier du spectateur de Besançon, CPC vous donne rendez-vous autour d’un documentaire choisi par un cinéaste ou un technicien qui explore, analyse, commente, décortique son coup de cœur pour le film qu’il a choisi.

ATELIER #1 jeudi 17 janvier à 19h30 au Pianofabriek
L’amour existe de Maurice Pialat (1961 – 22′)

Un documentaire choisi et raconté par Yvan Flasse
plus d’infos cliquez-ici
Pianofabriek: Rue du Fort 35, 1060 Saint-Gilles. Voir carte