FLASH – Le Rayon Vert de Eric Rohmer

1986 – Film tourné avec le budget d’un téléfilm de l’époque. Selon Rohmer, la télévision avait mieux compris les leçons de la Nouvelle Vague que le cinéma.
Pas de scénario. Tous les dialogues sont improvisés. Marie Rivière, l’actrice principale est donc aussi créditée en tant que scénariste.
Ce film est l’illustration des vers 5 et 6 de la Chanson de La Plus Haute Tour d’Arthur Rimbaud. « Que le temps vienne où les coeurs s’éprennent. »
Mais le rayon vert est aussi un phénomène optique, c’est un éclair vert qui apparait par temps dégagé au bord de l’océan au moment du coucher du soleil. On dit que celui qui voit ce rayon peut alors lire dans ses sentiments et ceux des autres.
Ce film est comme un parcours initiatique pour le personnage principal, Delphine. Un parcours au cours duquel elle doit apprendre à se construire et trouver son chemin sans se perdre dans les suggestions et les influences des personnages rencontrés sur son chemin.

Atelier du 20.02.13

Atelier consacré, essentiellement, à une grande figure de l’art vidéo: GARY HILL
Si le travail de Gary Hill s’est développé sous différentes formes – textes, installations, performances et bandes vidéo – seul son travail vidéographique « monobande » a été présenté et analysé.

« La vidéo permettait une sorte de jeu en temps réel, la possibilité de “penser tout haut”. C’était un processus accessible immédiatement et, apparemment, un parallèle beaucoup plus rapproché de la pensée. [...] Le temps, voilà ce qui est central à la vidéo; ce n’est pas de voir comme le laissent sous-entendre ses racines étymologiques. Le principe intrinsèque de la vidéo est la rétroaction. Ce n’est pas le temps linéaire, mais un mouvement lié à la pensée – une topologie du temps qui est accessible. » G. Hill

Gary Hill est un artiste américain né en 1951 à Santa Monica en Californie, connu pour ses bandes et installations vidéo.
C’est au lycée que naîtra son intérêt pour la sculpture et la peinture, ses références étant largement inspirées de l’art européen, avec notamment Picasso et Alberto Giacometti.
Dès le début des années 70, Gary Hill explorera la dimension sonore de ses sculptures métalliques, enregistrant et modifiant les vibrations qu’elles génèrent. Il se servira ensuite de magnétophones, travaillant avec des boucles sonores, le feed-back et d’autres sons électroniques. Ses travaux sur le son le familiarisent d’emblée avec le matériel électronique, puis le mèneront de façon décisive à la pratique de la vidéo.
Gary Hill s’intéresse essentiellement aux formes abstraites de vidéo et estime fondamental de déconstruire la vidéo sur tous les plans possibles, afin d’articuler un langage électronique propre au médium. Hill se penche surtout sur les relations images-sons. Cependant, à la différence des Vasulka et de Paik, il développe son vocabulaire électronique en fonction de systèmes de langage.

«Mon travail porte plutôt sur la trame de relectures et de réécritures dans le domaine électronique. A un certain moment, l’image est touchée par le langage, et il se produit quelque chose de physique. C’est largement un processus interne où la structure de l’œuvre se trouverait représenter ce qui se passe dans ma tête, et c’est pourquoi, dans quelques pièces, on n’entend pas seulement ma voix, mais on me voit aussi sur la bande, comme dans Commentaire.» G. Hill

ELECTRONIC LINGUISTIC / 1977  ( 3:45 MIN ) Gary Hill
Dans cette vidéo, il explore la corrélation structurelle et organique entre phénomènes linguistiques et électroniques. Les images apparaissent comme des visualisations de sons électroniquement produits, et la fréquence des sons « haute fréquence » varie en fonction de sa taille sur l’écran.

WINDOWS / 1978  ( 8:00 min.) Gary Hill                      VOIR

Réalisé en temps réel, Windows s’empare du motif traditionnel de la fenêtre et de sa relation à l’espace intérieur et extérieur, et mélange les images de 2 caméras video noir et blanc, en travaillant les images obtenues par des surimpressions, des keyers, et des effets chromatiques sans cesse modifiés par les prototypes de convertisseurs analogique-numériques conçus par Dave Jones.

PRIMARY / 1978  (1:10 min.) Gary Hill                 VOIR

La bouche de Gary Hill remplit l’écran prononcant silencieusement les mots « red », « green », « blue » (rouge, vert, bleu), les 3 couleurs primaires en synthèse additive, utilisées en vidéo, pour l’affichage sur l’écran. La bande son est composée de ces 3 mots coupés, abrégés dans de nouvelles combinaisons syllabiques.

MOUTH PIECE / 1978
 ( 1:00 min.) Gary Hill                            VOIR

Surimpression entre une bouche réelle, fixe dans le cadre et une succession de bouches stylisées par ordinateur, défilant de bas en haut. Quand la bouche “réelle” se superpose parfaitement avec sa représentation graphique, la bouche “embrasse” l’image, et le son synchrone du baiser est entendu. Il joue également sur d’autre alteration/interaction ludique entre sons, onomatopées et leurs traductions en image.

EQUAL TIME / 1979  (4:00 min.)  Gary Hill                              VOIR

Dans cette vidéo, Gary Hill expérimente la synchronisation d’éléments visuels et linguistiques, en un arrangement minimaliste, dans lequel deux “panneaux” blancs identiques (semblable à une trame), commençent respectivement sur le côté gauche et droit du moniteur, à traverser lentement l’écran noir.
Ces “panneaux” se chevauchent en produisant des “moirages”. Chacun d’eux est associé à la voix d’un orateur, dont la voix apparait soit à gauche, soit à droite de l’écran (diffusion en stereo). Lorsque les panneaux se chevauchent complètement, les mots des deux textes se mêlent et les deux voix, maintenant de concert, produisent un phasage rappelant le type de moiré visuel des “panneaux”. Comme les “panneaux” continuent à se déplacer, les voix ont changé de place (gauche > droite, droite > gauche) et chacun récite maintenant le texte de l’autre, la voix provenant finalement du côté opposé où elle avait été entendue au début de la lecture. Les panneaux continuent à traverser l’écran pour disparaitre, comme comme les voix.

AROUND & ABOUT / 1980  (4:45 min.) Gary Hill                       VOIR

Quand Gary Hill enseignait au “Media Studies Department at the State University of New York” de Buffalo, il dû changer de bureau, pour un nouvel espace beaucoup plus petit. Il y entassa affaires et matériels, video essentiellement.
Afin d’éviter de devenir complètement claustrophobique, il continua à travailler, persuadé de pouvoir faire une video à partir de Presque n’importe quoi. Il se demanda à quoi pourrait ressembler une video, si les images étaient coupées (montées) à chaque syllable d’un texte parlé? Il filma bien sûr ce qu’il avait devant lui…

VIDEOGRAMS / 1980 – 81  (13:25 min.) Gary Hill

Les “videograms” sont une série de courtes séquences, où texte lus et formes abstraites, produite électroniquement, dialoguent. Chaque sequence est numérotée, mais de manière aléatoire. Les formes métamorphiques complexes semblent être produites de manière imprévisible. Les éléments parlés évoquent des fragments de la vie quotidienne.
Cette bande (comme d’autres) a été créée à l’aide du fameux “Rutt/Etra scan processor”, un outil des années 1970 qui permettait aux formes électroniques d’être modulées à l’écran.

HAPPENSTANCE  (part one of many parts) / 1982-83  (6:30 min.)  Gary Hill     VOIR

Cette video, en boir et blanc, énonce d’abord les éléments de base du répertoire formel: le carré, le cercle et le triangle, rejoints ensuite par des lettres et des mots.Par des transformations successives d’éléments abstraits devenant reconnaissables puis redevenir abstrait, Gary Hill crée une sorte de chorégraphie de pensée, qui un peu comme dans “Videograms” – provoque une zone de tension entre les images et les textes parlés ou écrits. Des éléments sonores et musicaux soulignent des passages précis, mais également l’intertextualité complexe du travail.

MEDIATIONS (towards a remake of Soundings), 1979/1986  ( 4:17 min. )  Gary Hill

Gary Hill décrit ce qui se passe au fur et à mesure que sa main recouvre le haut-parleur de sable…Mais la situation n’est simple qu’en apparence. Cette parole qui sort du haut-parleur, que l’on voit vibrer, a plusieurs fonctions : en nommant elle fait voir, et produit un frissonnement du sable sur la membrane sonore. Voulant dire les événements et étant déjà elle-même événement, la parole ne réussit jamais à seulement dire ce qu’elle dit sans modifier au fur et à mesure ce qu’elle cherche à saisir….                VOIR

Site Recite (a prologue) / 1989  (4:00 min.)  Gary Hill

D’abord un horizon brumeux, encombré d’objets étranges: os, cranes, petits mammifères, ailes de papillon, noix et autres « découvertes » botaniques. Ces objets pourraient avoir été collecté lors d’une promenade en forêt, à l’exception de quelques notes ou papier chiffonnés. Des objets comme des reliques évoquant le cycle de la vie. La camera semble, par de rapides mises au point (focusing/unfocusing), observer certains objets qui semblent eux-mêmes tourner en rond.
Pendant ces brefs instants de netteté sur ces objets tournoyants, un narrateur explore son état momentané de conscience et sa relation au monde, verbalisant ses propres pensées. La dernière séquence place le spectateur à l’intérieur de la bouche de l’orateur. Comme le narrateur ouvre sa bouche et parle, la lumière entre dans la cavité parlante, Les mouvements de langue et les dents mastiquent les derniers mots: « … un combatant de la conscience de soi, et bougeant mon corps, pour bouger mon esprit et pour bouger mon corps et pour bouger la bouche, pour saisir le souffle de l’instant, … imaginant le cerveau, plus que les yeux.”

BLIND SPOT / 2003  (12:27 min.)   Gary Hill

Blind spot construit l’espace d’un portrait vivant par une focalisation temporelle d’un échange entre la camera (Gary Hill) et un homme marchant dans une rue du quartier algérien de Belsunce, un des quartiers du centre-ville de Marseille, près de la Canebière. Comme la camera zoome sur cet homme, l’image est progressivement interrompue par des plans noirs et silencieux de plus en plus long, de sorte qu’au fur et à mesure, la scène est tellement ralentie, allongée, et entrevoupée de noir qu’elle en devient Presque photographique.
Plusieurs documents montrés, ainsi que d’autres travaux (installation, performance, ….)  visibles sur le SITE de GARY HILL 

La suite du cours a été consacrée à la rencontre avec Alexander Schellow et la visite de son exposition : Tirana,  actuellement visible dans la galerie de l’erg, ainsi qu’à la vision de son dernier projet vidéo en cours de finition.

Alexander Schellow, né à Hanovre en 1974, vit et travaille à Berlin. Ses séries de dessins, animations, films, textes, archives et performances ont été présentés dans de nombreuses institutions internationales. Certaines sources de son travail ont été constituées en collaboration avec des scientifiques et artistes, dont la metteuse en scène Claudia Bosse (divers projets et theatercombinat), le chorégraphe Philipp Gehmacher (série “walk+talk”) ou encore le linguiste Klaus von Heusinger (“Souvenir et signification”, Université de Stuttgart).
 Depuis 2010, Schellow est Senior Fellow au Zukunftkolleg de l’Université de Constance.

 L’exposition ouvre à la suite d’un workshop d’une semaine réalisé avec un groupe d’étudiants de l’erg, durant lequel les participants ont mené une réflexion sur le(s) statut(s) du document, confrontant leurs idées avec les potentialités spécifiques du cinéma d’animation.
Le processus artistique déployé dans l’œuvre de Schellow est basé sur la reconstruction de la mémoire par la pratique du dessin. Engagé dans différentes situations (en l’occurrence la complexité du tissu urbain et social de Tirana, Albanie), il les traverse et les expérimente, focalisant son regard sur les détails. Le temps du dessin vient ensuite. Quelques mois après l’expérience directe, de retour dans son studio, l’artiste explore ses souvenirs et commence une production de dessins – structures complexes et tachetées – se focalisant sur de véritables situations et des surfaces visuelles qu’il a rencontrées dans le passé.
Comme l’explique l’artiste : La pratique de la reconstruction accompagnée de manipulations ciblées devient un moyen de recherche permettant d’explorer et par conséquent de « documenter », à travers ses propres perceptions, les relations spatio-temporelles de personnes dans des contextes spécifiques et dans les espaces urbains. En utilisant sa propre perception comme point de départ, chacun peut examiner et « documenter » de façon figurative les références spatio-temporelles concrètes des expériences corporelles et perceptives, à l’intérieur de contextes spécifiques.
L’exposition conçue pour la galerie de l’erg présente un ensemble de dessins, de films d’animation, de textes et autres matériaux en lien avec Tirana ; elle témoigne du travail en cours qu’Alexander Schellow poursuit sur cette ville.

 

FLASH: The Last Century

Sam Tailor Wood est une artiste contemporaine anglaise, réalisatrice, photographe et vidéaste.
The Last Century est une de ses installations videos.
Un homme est assis dans un pub et sa cigarette se consumme lentement. La scène est entièrement statique à part le clignement involontaire,  la respiration a peine visible de quatre acteurs immobiles, arrangés autour d’une figure centrale comme dans un portrait de groupe de Rembrandt ou Caravaggio.

La scène représentée évoque un présent figé, un arrêt sur image. Peut être que l’action se passe ailleurs, si on en croit le rire de la femme sur la droite… Lui a le regard dans le vague, l’air perdu dans son ennui.
Il faut un certain moment pour se rendre compte qu’il s’agit d’une vidéo, qu’il y a un mouvement, que le temps s’écoule. Alors, ça devient amusant de détecter les signes de fatigue chez les figurants, ça se transforme en performance.

Au delà de ça, cette video a l’effet de perturber le spectateur, de le mettre en doute sur ce qu’il voit et en réflexion sur l’écoulement d’une durée, sur sa perception.

Erg & BOZAR / PEDRO COSTA / 03.02.13

A NE PAS MANQUER
3 films de Pedro Costa, en sa présence!
15h En avant, jeunesse ! (vo st FR )
19h Ne change rien (vo FR )
21h Centro Histórico Aki Kaurismäki, Pedro Costa,  Manoel de Oliveira & Victor Erice  Première (vo st AN )
Rue Ravenstein 23  1000 Bruxelles
+322 507 82 00
Infos et réservation : CLIQUEZ

Pedro Costa (Lisbonne, 1959) est l’un des plus importants cinéastes contemporains. Depuis la fin des années 1980, il bâtit consciencieusement une œuvre impressionnante, où la beauté se révèle dans les lieux les plus improbables. Suivant une approche documentaire de l’image, son engagement est d’abord une question d’amour – pour le réel, pour le cinéma, pour l’humain. Nourri par les films de John Ford, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Robert Bresson, Jacques Tourneur ou Jean Renoir mais aussi par des siècles de peinture, le travail de Pedro Costa est à la fois puissant et sensuel, moderne et archaïque. Toutes choses y apparaissent “comme les premières choses au monde ». Travaillant à l’aide de petites caméras DV pour plusieurs de ses films, Costa a su trouver une nouvelle liberté et a contribué à l’invention d’une nouvelle écriture cinématographique.
Sa filmographie comprend O Sangue (1989), Ossos (1997), Dans la chambre de Vanda (2000), En avant, jeunesse ! (2006), Où gît votre sourire enfoui ? (2001, sur Jean-Marie Straub et Danièle Huillet), Ne change rien(2009).

En avant, jeunesse ! / 2008 Pedro Costa
Après Ossos (1997) et Dans la chambre de Vanda (2000), En avant, jeunesse ! (2006, 155’) est le troisième film de Pedro Costa tourné dans la banlieue nord-ouest de Lisbonne, dans le quartier cap-verdien de Fontainhas, un bidonville aujourd’hui rasé et dont le film enregistre la démolition progressive. Au moment du tournage, la plupart des 9 000 habitants de Fontainhas sont en voie d’être relogés dans de nouveaux immeubles. Ancrant sa fiction dans le réel, Costa y retrouve Vanda et y suit son père, Ventura, qui hante le film tel une “figure de seigneur déchu, exilé de sa royauté africaine, rendu inapte au travail par une blessure et à la vie sociale par une fêlure de l’esprit, sorte d’errant sublime, entre Oedipe et Lear, mais aussi entre les héros fordiens Tom Joad et Ethan Edwards” (Jacques Rancière). Une œuvre clé dans la filmographie de Costa.

Ne change rien / 2009 Pedro Costa
Ne change rien (2009, 100’) est né de l’amitié entre l’actrice Jeanne Balibar, l’ingénieur du son Philippe Morel et le réalisateur Pedro Costa. La caméra de Pedro Costa y suit Jeanne Balibar, chanteuse, des répétitions aux enregistrements en studio, des concerts rock aux cours de chant lyrique, interprétant son album avec le musicien Rodolphe Burger. Filmé dans un noir et blanc contrasté, ce film crépusculaire, qui joue sur les silences et les hésitations, apparaît comme une méditation sur le processus créatif, où le visage et la voix de Balibar émergent périodiquement de l’obscurité pour occuper temporairement un non-lieu, avant de replonger dans le néant. Le titre de la chanson de Balibar y fait écho à cette citation de Jean-Luc Godard, « Ne change rien pour que tout soit différent », qui reprend elle-même cette phrase de Bresson : « Sans rien changer, que tout soit différent ».

Centro Histórico / 2012  Pedro Costa
Suivi d’un entretien avec Pedro Costa.
Produit à l’initiative de la ville portugaise de Guimarães (lieu historique et capitale européenne de la culture en 2012), Centro Histórico (2012, 80’) est un film à quatre voix revisitant le genre du film à sketchs.
Aki Kaurismäki, Pedro Costa, Victor Erice et Manoel de Oliveira – quatre grands réalisateurs européens, quatre visions du cinéma – y déploient les récits que leur raconte la ville, entre réalité et fiction. Les choses n’y sont jamais ce qu’elles semblent.
Dans O Tasqueiro, le Finlandais Aki Kaurismäki raconte une journée de la vie d’un barman solitaire dans le centre historique de Guimarães. Avec Lamento da Vida Jovem, le Portugais Pedro Costa retrouve Ventura, le protagoniste cap-verdien de son film Juventude em Marcha. Dans Vidros Partidos, l’Espagnol Victor Erice explore les locaux de l’ancienne filature et usine textile de Rio Vizela, un des plus grands centres de production textile d’Europe, fermé en 2002, pour recueillir les témoignages de ceux qui y ont travaillé. Enfin, dans O Conquistador, Conquistado, le doyen du cinéma portugais Manoel de Oliveira (104 ans) évoque avec ironie une nouvelle « conquête », celle du centre historique de Guimarães par un groupe de touristes.

erg et BOZAR / Pedro Costa / 03.02.2013 à 15h / Palais des Beaux-Arts

Atelier du 30.01.13

Après les évaluations de fin de premier quadrimestre, projections et discussions autour de quelques vidéos d’étudiant et mise en relation avec d’autres oeuvres. SUITE

ECHO/ Suite à la vidéo AMALGAME de Maxime Lehoux, et à  #67 de Jean-Gabriel PERIOT, une émission déjantée, en 3 parties, se basant sur des données scientifiques et utilisant du foundfootage. Ce deuxième numéro d’Eurêka dévoile les étapes marquantes de la théorie de l’hérédité et de la reproduction, de l’Antiquité à nos jours.
Réalisée par Philippe Truffault et Olivier Appart, cette nouvelle série est la suite d’ « Eurêka! J’ai tout faux », diffusée en 1993-94 et qui avait connu un certain succès. Le principe est le même: traiter de façon humoristique les erreurs de la science depuis le début de l’humanité et ainsi montrer que la science est en perpétuel renouvellement.
Pour ce faire, l’équipe a utilisé des images d’archives (dessins animés, publicités, films en couleur et en noir et blanc) qu’elle a détournées de leur propos. « Nous avons d’abord rédigé une base de commentaire, puis fait une longue recherche. Certaines de nos découvertes nous ont d’ailleurs conduites à ajuster voire à modifier le texte », explique Chantal Bernheim, productrice de la série.
EUREKA, J’AI (ENCORE) TOUT FAUX / Les chiens ne font pas des chats / 1999  Philippe Truffault et Olivier Appart

ECHO/ Suite à la vidéo PORTRAIT d’Albin Metthey  et à PRTRT de Jean-Gabriel Périot, le clip BIRDS IN BERLIN / 2011 de Klaas Verpoest & Ief Spincemaille, sur une musique écrite, composée et jouée par Liesa Van der Aa, une influence d’Alicia Lefevre     VOIR
Liesa Van Der Aa, jeune violoniste anversoise, a sollicité 10 artistes contemporains pour mettre en image chacun des 10 titres de son premier album.

ETUDIANT / Vidéo d’Alexandre Pigeard - CLIP sur le remix de la chanson de Marvin « Gaye Ain´t That Peculiar »                                                                  VOIR

ETUDIANT / Vidéo de Pierre-Patrice Kasses 1/2 Les quatres saisons, délire visuel articulé sur les 4 saisons, et retraçant le trajet d’un homme de son enfance, en passant par une jeunesse faite de dépravation télévisuelle/réelle puis à sa rédemption.
ETUDIANT / Vidéo de Pierre-Patrice Kasses 2/2 L’attente, film en splitscreen, racontant l’attente… d’un coup de téléphone. « L’angoissante attente » est matérialisée par la montée en pression d’une bouilloire abandonnée sur un bec de gaz.
ECHO/ à cette image de bouilloire et de pression qui monte irrémédiablement annonçant un danger, une explosion possible due à l’accumulation d’énergie…
INTERVENTION DIVINE / 2002  Elia Suleiman
Le film est une critique ironique de l’absurdité de la situation géopolitique en Palestine.
Il a été tourné juste avant l’explosion de la seconde Intifada.
E.S., un Palestinien vivant à Jérusalem, est amoureux d’une Palestinienne de Ramallah.
Il est partagé entre son amour et la nécessité de s’occuper de son père, très fragile. En raison de la situation politique, la femme ne peut aller plus loin que le checkpoint situé entre les deux villes. Les rendez-vous du couple ont donc lieu dans un parking désert près du checkpoint.

De part la volonté isarélienne, les palestiniens sont confinés dans un epace restraint et retournent la violence contre eux. Une réponse différée puis dévellopée dans un autre espace que celui de l’affrontement, voilà bien quel pourrait être alors le message de toute cette série de gags mis en scène avec une même rigueur formelle par Suleiman pour hisser la démonstration cinématographique à la hauteur d’une réflexion éthique :
« Mon cinéma reste apparemment contemplatif. L’image donne des indications sur l’action, ainsi le champ de l’action peut se dérouler à l’extérieur du cadre. Dès que l’action est lancée, elle ne peut être interrompue. On impose donc une façon de penser.
Si l’on se contente de rester dans la contemplation, on pose simplement une question, l’image communique des informations et l’on donne seulement des indices sur l’action. Voilà pourquoi je préfère rester dans le style contemplatif. Ce film en particulier exigeait de l’action, lorsque la vie quotidienne est perturbée, lorsque l’on voit une force contraire qui s’impose, et que la rupture est inévitable. On ne peut jamais rester inactif au milieu de l’action. Quand on est attaqué, que faire ? Puisque c’est du cinéma, on peut détourner une agression et créer un autre espace, comme un rêve pour déclencher une action différente, une contre-attaque »
. (interwiev de Serge Kagansky dans les inrockuptibles)
LIRE l’analyse de la séquence de la « Ninja warrior » de Carole Desbarat

Dans un tel climat, E.S. – joué pour Suleiman lui-même – ne peut rien dire et ne dit d’ailleurs pratiquement pas un mot durant tout le film, il ne peut rien faire, et surtout pas répondre aux provocations calculées et voulues des militaires israéliens.
Le film d’ailleurs se termine sur ce danger d’explosion dans une parabole très claire. E.S et sa mère regardent une cocotte-minute en train de siffler. La mère lui dit qu’il serait temps maintenant d’éteindre le feu.
Et le film se finit avant qu’on sache si le feu a été éteint ou non.

ETUDIANT / Vidéo de Pia Renaudat L’échange
2 personnes âgées, assises sur le lit d’une chambre d’adolescent. Ils se comportent en adolescent, « musique à fond »
ETUDIANT / Vidéo de Sandy Gerain  Mood for what, Film de montage n’utilisant que les ilmages du film de Wong Kar-Wai / In the mood for love / 2000.
Hong Kong,1962. Journaliste, Chau emménage avec sa femme dans un nouveau logement, en plein cœur d’un immeuble habité par la communauté shangaiaise. Il y rencontre Li-Chun, ravissante jeune femme qui vient elle aussi d’emménager avec son époux. Celui-ci, représentant d’une société japonaise, est régulièrement absent. Lui-même souvent seul, Chau passe de plus en plus de temps avec Li-Chun, jusqu’au jour ou les deux amis découvrent que leurs époux respectifs sont amants… Dès lors Li Chun et Chau essaient de comprendre comment cette histoire d’A (comme adultère) a pu commencer. A ce petit jeu, ils tomberont eux aussi amoureux l’un de l’autre.
Sandy Gerain reprend les 3 moments de leur relation – rencontre, relation, séparation – en y associant une musique et en réorganisant les images.

ETUDIANT / Vidéo de Lou Colpe  Journal filmé. Lou filme depuis près de 7 ans ses grands-parents, au quotidien. Premier montage des derniers moments tournés: la mort du grand-père.