Atelier du 6.03.13

ECHO/ Suite à un projet d’étudiant, en réponse à l’exercice « Bande sonore » où l’idée était de développer une histoire d’amour muette mais musicale
SENZA PAROLE de Dino Risi, 11ème sketch du film LES NOUVEAUX MONSTRES  1977 M Monicelli, D Risi et E Scola                      VOIR
une hôtesse de l’air est séduite par un étranger mystérieux qui lui offre un tourne disque lors de leurs séparation.

ECHO d’ECHO
LES CARABINIERS 1963 Jean-Luc Godard
Deux séquences montrées. La « première » séance de cinéma                 VOIR
Ensuite, la séquence qui fera doublement écho. Le retour des guerriers et la présentation de leur butin: une série de cartes postales représentant toutes les richesses du monde.
ECHO / Cette séquence a été revisitée dans Cinema Cinema, émission de la télévision française, les images de cartes postales, remplacées par d’autres images.
ECHO d’ECHO / Luc Moulet s’en est ensuite inspiré, en partie, (des Carabiniers) pour un court portrait de Jean-Luc Gofard que lui avait commandé Arte
JEAN-LUC SELON LUC  2007 Luc Moullet

Pour continuer avec Godard, et en ECHO avec Double take de Johan Grimonprez (Cfr atelier du 5 et 12.12.12), car il est notamment question d’Alfred Hitchcock dans cet épisode
HISTOIRE DU CINEMA 4a LE CONTROLE DE L’UNIVERS  1998 Jean-Luc Godard
Parallèle intéressant fait par Nicole Brenez dans MORCEAUX DE CONVERSATIONS AVEC JEAN-LUC GODARD, entre Jean-Luc Godard et Al Razutis, réalisateurs ayant commencé une entreprise plus au moins similaire (un type d’ « histoires » du cinéma), au même endroit (Canada), à la même période (Fin des années 70)

A partir de 1973, mais de manière plus importante à la fin des années 70, Al Rasutis commençait une série de film, intitulés « Visual essays ».
En six essais d’une dizaine de minutes chacun, Razutis, par la reprise d’extraits d’œuvres emblématiques des origines, fournit la démonstration que le cinéma, d’emblée, a constitué un ensemble de propositions esthétiques radicales, de révolutions de la représentation et de la perception, dont l’éclat s’est soit dilué par répétitions et déperditions successives, soit totalement dissipé (comme si le cinéma n’avait par la suite réalisé qu’une branche minime de ses possibles).
En 1978, Jean-Luc Godard donna quatorze conférences au Conservatoire d’art cinématographique de Montréal dont il tira un livre, Introduction à une véritable histoire du cinéma (1980), qui réunissait les extraits de films présenté à Montréal. Le souci de construire cette histoire non pas chronologiquement mais à partir de rapprochements stylistiques ou thématiques (qui lui venait de Langlois) donna ainsi naissance à la série de films Histoire(s) du cinéma en 1987 lorsque une coproduction française entre cinéma et télévision (Gaumont et Canal + en tête) lui permit de concrétiser son projet .
Al Razutis né en 1946 à Bamberg, est cinéaste, vidéaste et holographiste. Il quitte les États-Unis pour s’installer à Vancouver en 1968, après avoir fait des études supérieures en physique mathématique. Son intérêt pour l’imagerie criarde des médias populaires, sa confiance dans la possibilité d’une réforme idéologique et sa volonté de traiter des questions politiques le rapprochent des cinéastes américains comme Robert Nelson, Bruce Conner ou Jerry Adams. Brillant technicien suffisamment compétent en électronique pour construire un générateur d’effets spéciaux sur mesure, il est un des premiers réalisateurs de cinéma expérimental au Canada à utiliser le synthétiseur optique et vidéo. On distingue parmi son oeuvre deux grandes séries de films : ‘Amerika’ (1983), film mosaïque de 18 parties en trois bobines construit comme une étude iconologique et quasi mythologique d’une culture dominée par les médias, et ‘Visual Essays: Origins of Film’ (1973-1984), constitué de plusieurs essais visant à reconstruire la vision de la création filmique dans l’esprit des cinéastes primitifs.     LIRE l’article

LUMIERE’S TRAIN (ARRIVING AT THE STATION ) 1979 Al Razutis
Comme premier « essay », le cinéma lui-même, dans son battement lumineux, et le souvenir d’un des premiers films (l’entrée d’un train en gare de la Ciotat). Al Razutis utilise des fragments de LA ROUE (Abel Gance / 1923) et de SPILLS FOR THRILLS  (Leon Anthony / 1940).

MELIES CATALOGUE  1973  Al Razutis

Ce montage de pellicule nitrate (ancien support inflammable) est constitué de courts passages de l’univers de Méliès, basé sur la discontinuité et la surprise, éléments très présents dans l’univers naïf et onirique de Méliès.

SEQUELS IN TRANSFIGURED TIME  1974  Al Razutis

Ce film est une interprétation lyrique et poétique de l’univers de Méliès travaillant sur le support (pellicule Nitrate) et la continuïté/discontinuïté des tableaux du cinéma des origines. La « matière première » de ce film est le voyage dans la lune (1902), ainsi qu’un des premiers films colorisés (à la main) de Méliès. La solarisation des images renforcent encore l’idée de décors peints, sans profondeur ni perspective réelle. Razutis pointe également cet Eden perdu et retrouvé, comme un « ciné-monde » désuet, devenu un peu fantômatique.

GHOST: IMAGE  1976 > 79  Al Razutis

Ce film lorgne du côté de Dada, du cubisme, du surréalisme, du réalisme poétique, … et également du côté des films d’horreur. Razutis crée un effet miroir aux images, les rapprochant parfois d’un test de Rorschach, et utilise certains mythes familiers de femme « Madonne », Victime, Tentatrice et leur rédemption grace au savoir et à la science. Le film contient près de 20 extraits de films surréalistes, Dada ou d’horreur.

FOR ARTAUD  1982  Al Razutis
Ce film réimagine le théâtre de la cruauté d’Antonin Artaud, dans un contexte “dreyerien” (proche de La tentation de Jeanne d’Arc) et de spectacle, nous faisant entrevoir la “terreur” évoquée par ces films. Les larmes du film (The film tears), ainsi que le remontage de films expressionnistes (comme ceux de Dreyer) font se rencontrer la tradition gothique de l’horreur, et derrière ça, Artaud lui-même. Razutis veut faire se rencontrer le classicisme (la chorale antique grèque, par ex) avec l’expressionnisme romantique. La passion de Jeanne d’Arc – film dans lequel joue d’ailleurs Artaud (un moine) – sert de terrain à cette “inquisition”.

STORMING THE WINTER PALACE 1984  Al Razutis

Ce sixième et dernier “visual essay” se focalise sur le montage et la dialectique des films d’Eisenstein, montrant par là leur apport au cinéma muet et leur contribution majeure au cinema qui suivra. Razutis interprète poétiquement les techniques de collage/montage et les theories d’Eisenstein, le formalisùe russe en general, de propagande, surréaliste et d’avant garde, melé des theories sur l’image et les media de Benjamin Buchloh. Il inverse la chronologie narrative, fragmente et répète certains extraits choisis, et interroge des passages du film “Octobre”  et du Cuirassé Potemkine.

VISUAL ALCHEMY  1973  Al Razutis
Ce film poétique dépeint les aspects psychologiques, alchimiques et physiques de travaux precedents. Il évoque notamment la première holographie (d’art) effectuée au Studio d’Alchimie Visuel de Vancouver en 1973, ainsi que la projection d’images réelles et holographiques dans un espace utilisant lui-même des lasers et des projections holographiques. La bande son est constituée de fragments de ses propres textes, de citations de La psychologie de Carl Jung, ainsi que de formules alchimiques.

AAEON  1969 > 1971  Al Razutis

Pour ce projet, Razutis a du construire une machine filmique (film « machine »), une sorte d’« imprimante » de film optique (film optical printer) . Cette machine a été développée et construite à Vancouver entre 1969 et 1971. Ce film est directement inspiré par un ensemble de rêves récurrents d’Al Razutis, ainsi que par les possibilités offertes par ce nouvel outil, et sur les appareillages techniques de traitement d’image dont il dispose (séparation de couleur, travail sur l’infra-rouge, les impressions mates, …), la bande sonore étant composée de l’enregisrement de ces souvenirs de rêve. Le film est composé de quatre parties entrelacées et en constante évolution, redefinissant l’espace/temps mythologique, et gravitant autour des idées de la re-naissance. Ces idées sont puisées à certains principes du Boudhisme Thibétain, au jeu de Tarot, à William Blake, ainsi qu’à la mystique orientale et occidentale.

AMERIKA  1972 > 1983  Al Razutis

Amerika est un long métrage expérimental en 18 parties qui a été créé soit pour être projeté en une seule bobine (le film fait alors 170Min.), soit en installation, fonctionnant comme une mosaïque, en 3 écrans juxtaposés (le film dure alors 56Min.) Le film exprime les diverses sensations, les mythes, les paysages industrialisés de la culture occidentale (américaine, en fait) qui seraient perçus par des yeux de “media-anarchism” et des techniques de film d’avant garde.

Travaux récents d’Al Razutis ICI
Visual essays : Origins of film Extraits des 6 essays ICI
D’autres films d’Al Razutis ICI

Portrait d’un des maitres du FOUND-FOOTAGE / Jay ROSENBLATT
Depuis les années 80, Jay Rosenblatt, à travers la pratique du found-footage, aborde dans ses courts métrages une grande variété de themes (la naissance, l’enfance, la foi religieuse, la tyrannie, l’homosexualité, le suicide, la mort). Docteur en “Counselling Psychology” (Psychologie du conseil), il a exercé pendant de nombreuses années le metier de thérapeute. Il a également une formation en production cinémathographique à la San Francisco State University, où il y enseigne le cinema.

Comment en êtes-vous arrivé à la pratique du Found fortage?
« Ce sont trois éléments très différents qui ont participé à ce processus.
Le premier, c’est que je trouvais la production extremement stressante. Surtout parce que toutes les personnes avec qui je travaillais étaient des bénévoles et que c’était très difficile d’obtenir leur engagement. J’ai tendance à être un peu perfectionniste et c’est un peu problématique quand on ne paie pas les gens. Ainsi, je me suis dit que tant que je n’avais pas d’argent, je ne voulais pas travailler comme ca, avec l’équipe, les acteurs et tout ça. Le deuxième point, c’est que j’avais découvert que le montage était le moment que je préférais dans la réalisation d’un film.
Et troisièmement, j’avais commencé à l’époque à travailler avec un outil appelé «optical printer» qui me permettait de copier des films image par image et de les manipuler. On pouvait ralentir les prises, on pouvait les accélérer, on pouvait les couper, on pouvait les soumettre à une double exposition, bref, on pouvait faire un tas de choses techniques très intéressantes. Aujourd’hui, toutes ces choses sont faites de manière numérique. Il s’agissait d’un instrument très intéressant et l’école en avait un. J’ai eu l’occasion de jouer avec et d’expérimenter un peu.
Et finalement, il y a un quatrième élément. À la fin de mon film Blood Test (1985), je voulais avoir un public des années cinquante qui applaudissait. J’ai alors fait quelques recherches et j’ai trouvé un vieux programme TV de Groucho Marx avec le type d’applaudissements que je souhaitais. Et pendant que je faisais les recherches pour trouver ces applaudissements des années cinquante, je suis tombé par hasard sur une émission appelée «The Donna Reed Show». »
« Quoi qu’il en soit, j’ai acheté un de ces épisodes et j’avais vraiment de la chance, parce que cet épisode contenait une scène que j’ai pu utiliser dans Blood Test. J’avais l’impression que Donna Reed ressemblait un peu à mon actrice ou alors c’est mon actrice qui aurait pu être une Donna Reed âgée. Alors que mon protagoniste semblait pouvoir être le garçon de la scène. Ainsi, j’ai pris cette scène, mais j’ai remplacé la musique par cette musique lugubre. Je me suis rendu compte que cela modifiait complètement le sens de la scène. Cette découverte m’a fait un effet extraordinaire. Ce n’est pas que je me sois dit «dorénavant, je ne travaillerai plus qu’avec le found footage», mais il est indéniable qu’un changement radical s’est produit en moi. »                     LIRE l’article complet

BRAIN IN THE DESERT 1990 Jay Rosenblatt
Un homme et une femme marchent dans le désert. Leurs ombres se dessinent sur le paysage rocailleux environnant. Ils s’éloignent et se rapprochent. Entre la roche et le sable, sous l’ombre projetée par les deux amants, s’agitent des insectes qui semblent imiter les rituels des humains qui se courtisent. Ou est-ce peut-être le contraire? Le film de Rosenblatt s’offre comme un essai de surréalisme lunaire intimiste.

SHORT OF BREATH 1991 Jay Rosenblatt
Une femme qui souffre d’évidents problèmes respiratoires s’adresse à un psychanalyste dans l’espoir de trouver une solution. La femme fait tout pour être une bonne épouse et mère. Mais le médecin qui devrait l’aider refuse non seulement de l’écouter, mais il la pousse dans un coin sans échappatoire possible. Victime de sa dépression, la femme n’arrive à faire rien d’autre que de transmettre celle-ci à son fils, témoin muet de la douleur de sa mère.

L’ODEUR DES FOURMIS BRULANTES 1994 Jay Rosenblatt
À travers une étude sur les formes de la cruauté que les enfants commettent à l’égard de leurs camarades, le réalisateur remonte aux racines de la violence en essayant de déconstruire l’imaginaire de la domination qui sous-tend une certaine idée de la présence masculine dans notre société. Un chant funèbre dédié à la perte de la part féminine. Les enfants malheureux deviennent des adultes cruels.

HUMAN REMAINS 1998 Jay Rosenblatt
Le film illustre la banalité du démoniaque en faisant le portrait intime de cinq dictateurs. Le film dévoile les vies personnelles d’Adolph Hitler, Benito Mussolini, Joseph Staline, Francisco Franco et Mao Tsé-Tong. Nous prenons connaissance de détails intimes de leur vie quotidienne, comme leur plat favori, les films qu’ils préfèrent, leurs habitudes et leur vie sexuelle. Aucune mention n’est faite de leur vie publique ou de leur place dans l’histoire. Leur personnalité et leur construction psychologique se révèlent à travers les détails qu’ils ont donnés. Tout le film est factuel, mêle des citations directes et des faits tirés de leur biographie. Le recours à des voix off et à des traductions anglaises fait que le film ressemble à un documentaire de la BBC et lui confère une plus-value de vraisemblance. L’ironie et parfois même l’humour sont omniprésents. L’omission volontaire de toutes les horreurs dont ces hommes sont responsables plane sur tout le film. Human Remains questionne cette horreur d’un point de vue totalement différent, selon un angle plus obtus, et nous rappelle qu’il y a toujours parmi nous de nouveaux Hitler.

RESTRICTED 1999 Jay Rosenblatt
L’autolimitation de l’individu, son renoncement à explorer les potentialités de son propre tempérament et de son caractère comprise comme base négative de l’idéologie de la liberté qui fonde la vie aux États-Unis.

KING OF THE JEWS 2000 Jay Rosenblatt
Parmi les films réalisés par Jay Rosenblatt, King of the Jews est l’un des titres les plus riches en implications. Ayant grandi dans la crainte du personnage de Jésus Christ que la famille lui a transmise en présentant celui-ci comme l’adversaire naturel des Hébreux, le réalisateur découvre, à travers une série de traumatismes liés à son enfance qui peuvent tous être ramenés à la figure du Christ, une réalité bouleversante: Jésus était juif.

THE DARKNESS OF DAY 2009 Jay Rosenblatt                            VOIR
Une réflexion douloureuse devant l’indicibilité du suicide. Bouleversé par le choix d’un copain de mettre fin à sa propre vie, Rosenblatt s’avance dans les méandres d’une douleur sourde, accompagné d’images qui s’interrogent sur l’inéluctabilité de la mort. Avec un sentiment de compassion laïque, Rosenblatt observe sans juger ce qui se soustrait à la compréhension rationnelle.

THE WAY TO YOUR HEART 2011  Jay Rosenblatt                       VOIR
Le premier vidéo-clip de Rosenblatt, réalisé pour le groupe The Persephone’s Bees de San Francisco, est une parodie divertissante des traditionnels films scientifiques des années cinquante. Une chanson d’amour qui se demande comment atteindre le cœur de l’être aimé devient l’occasion de scruter les recoins les mieux dissimulés de notre corps et de notre tête. Rythme enlevé et associations visuelles toujours surprenantes.

 

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