ELIA SULEIMAN présente ses inédits / Bozar / 12.03.13 – 20H00

Invité au séminaire annuel de l’Erg, autour, cette année, de la narration spéculative, Elia Suleiman présentera à Bozar « Introduction to the end of an argument »
Ce film fait l’inventaire des stéréotypes du monde occidental vis-à-vis du monde arabe dans les médias. Homage by assassination: Segment d’un film collectif autour de la Guerre du Golfe. Cyber Palestine: Une parabole de notre temps, dans laquelle Marie et Joseph, devenus un couple de Palestiniens d’aujourd’hui, reviennent à Gaza où ils doivent vivre sous l’occupation israélienne.
La projection sera précédée par une introduction de Leila Shahid – Ambassadeur de Palestine auprès de l’Union Européenne, la Belgique et le Luxembourg – et d’un entretien entre le réalisateur et Christophe Wavelet, critique et curateur.
Tous les détails ICI (Cinematek) ou ICI (Bozar)

NARRATION SPECULATIVE : Séminaire / 13, 14 et 15.03.13 / Halles de Schaerbeek, Bruxelles

Les histoires vont bien au-delà de l’idéologie. En cela réside notre espoir.
Donna Haraway
Initié par l’atelier de Master Récits & expérimentation – Narration spéculative – de l’erg, atelier que j’anime avec Fabrizio Terranova, et en étroite collaboration avec Didier Debaise, Katrin Solhdju et Corinne Diserens, ce séminaire Narration spéculative propose, en rassemblant une multiplicité de disciplines et d’approches, d’explorer les effets et potentialités de la mise en tension de ces deux termes qui ont partagé une dévalorisation similaire, disqualification dans le champ de l’art contemporain pour l’un, et dans l’histoire de la philosophie pour l’autre. Depuis quelques années, ils ont, dans différents domaines, à la fois esthétiques, philosophiques et politiques, déployés de nouvelles positivités donnant l’occasion de densifier les forces de la narration.
La pensée spéculative, telle que nous essayons d’en hériter, tente d’articuler trois gestes : affirmer l’importance de l’invention de propositions fonctionnant comme des «appâts pour des sentirs» (Whitehead) ; opposer à la logique du probable, la création de possibles ; démultiplier les perspectives, à la fois humaines et non-humaines.
Tous les détails ICI 

Atelier du 27.02.13

Evocation d’un film marquant pour Alicia
THE PERFECT HUMAN 1967 Jorgen Leth                                      VOIR
Inspiré de l’imagerie publicitaire, The Perfect human, ce court-métrage de 13 minutes, réalisé en 1967, présente un homme qui effectue des gestes communs, s’asseoir à une table, fumer… Selon son réalisateur, Jorgen Leth : « L’idée trouve son origine dans la fascination que j’ai pour le monde des films publicitaires. Je sentais que tous les éléments -personnages, objets, actions- seraient extrêmement distincts s’ils étaient isolés de leur environnement. Je voulais les sortir de tout cadre, de tout le désordre réaliste dans lequel, habituellement, évoluent les personnages ».

36 ans plus tard, Lars Von Trier, dont c’est un des films de chevet, propose à Jorgen Leith de faire des variations possibles sur son court métrage.
Il a ainsi demandé au réalisateur de recréer cinq variations, à partir de 5 « obstructions »
Si Lars Von Trier et Jorgen Leth ont décidé d’employer le terme « obstruction », plutôt que « instruction », c’est tout à fait délibérément. Jorgen Leth précise en effet : « Obstructions est un terme issu de la terminologie footbalistique. J’ai, autrefois, réalisé un film sur le grand joueur de football danois Michael Laudrup. C’était un virtuose aux mouvements imprévisibles. Il attirait les obstructions, il poussait à un jeu dur, mais toujours il évitait élégamment de tomber ou de se blesser. Michael Laudrup sera mon rôle modèle. »
THE FIVE OBSTRUCTION 2003  Lars Von Trier
Obstruction 1 / Pas de plan de + de 12 images, donner les réponses aux questions posées en 67, tournage à Cuba, pas de studio
Obstruction 2 / un lieu de tournage misérable, que l’on ne montre pas, Jorgen Leith est « l’homme parfait », se focaliser sur la scène du repas.
Obstruction 3 / Comme Lars Von trier trouve qu’il n’a pas respecté la seconde obstruction, Leith peut, soit refaire le film « raté » à Bombay, soit faire ce qu’il veut. Il choisira  cette seconde « obstruction ».
Obstruction 4 / Refaire le film en… dessin animé.
Obstruction 5 / Comme Lars Von Trier n’est toujours pas satisfait, il lui interdit de faire le cinquième film, ce sera Von Trier lui-même qui le fera, mais ce dernier film sera « signé » par Jorgen Leith qui lira, en guise de voix off, un texte écrit par Von Trier.

ECHO/ au journal vidéo de Lou Colpe qui filme ses grands parents depuis plus de 7 ans, observant la maladie (Halzheimer) de sa grand-mère qui l’isole de plus en plus, et – récemment – la mort de son grand-père.

SILVERLAKE, THE VIEW FROM HERE 1993 Tom Joslin, Mark Massi et  Peter Friedman

 Deux hommes vivant ensemble, Tom Joslin et Mark Massi, se filment. Tous deux sont séropositifs et racontent leur découverte de l’homosexualité, la progression du mouvement de libération gay, et la découverte de la contamination du sida. Le film rend compte aussi de l’impuissance face aux maladies opportunistes, la recherche de moyens personnels de les soulager. Il montre leur vie quotidienne et leur agonie. Tous deux moururent des suites du sida. Un ami, Peter Friedman, reprendra la réalisation du documentaire. D’abord film personnel, Silverlake Life: The View from Here est devenu un témoignage indispensable sur les ravages du sida.

Silverlake est un quartier de Los Angeles où habitaient Mark et Tom, un couple gay. «La vue d’ici» était, de leur terrasse, les collines boisées où de grosses lettres blanches épèlent un mythe: Hollywood. Mais c’est aussi la vue du pays du sida. (voir ARTICLE)

Silverlake est la chronique vidéo tenue par Tom, réalisateur, et Mark, son ami, se débattant tous deux contre la maladie, contre la montre. Ils s’étaient connus à la fac aux cours de cinéma et vivaient ensemble depuis vingt-deux ans. Quinze ans auparavant, Tom Joslin avait réalisé Blackstar, un film sur son homosexualité, parce qu’il n’en pouvait plus des mensonges et des faux-semblants. Quand il décide de filmer leur maladie, c’est lui le plus atteint. Il partira le premier.
  Entre les scènes de ménage et de tendresse, les scènes de la vie ordinaire propres à tous les couples, on suit la progression de la maladie. D’abord lente, la dégradation s’accélère soudain. Les gestes s’amenuisent, la rage s’exténue. Mark n’a plus le coeur à capter l’agonie de son ami. Il reprend tout de même la caméra pour aller jusqu’au bout de leur projet. Peter Friedman, un réalisateur ancien élève de Tom, prendra le relais pour filmer Mark, désormais seul avec ses T4 qui baissent et son Kaposi qui progresse. Le face à face avec la mort est difficilement soutenable. Mais Silverlake n’est pas que la «chronique d’une mort annoncée», c’est aussi et surtout la chronique d’un amour exemplaire.

COÛTE QUE COÛTE 1995 Claire Simon
Produire coûte que coûte! Sauver la boîte coûte que coûte!
Même si on n’est pas payés tout de suite, continuer coûte que coûte!
Trouver de nouveaux clients coûte que coûte! De nouveaux fournisseurs coûte que coûte!
Le film raconte l’histoire d’une petite entreprise, toute jeune, où l’on fabrique des plats cuisinés pour les grandes surfaces. Le patron et les employés mènent la guerre économique avec les moyens du bord.
Au fil des mois, les choses vont de mal en pis et la caméra est toujours là, témoin d’une proximité plutôt stupéfiante entre ce patron et ces employés, qui se tutoient et s’engueulent chaque jour plus fort tandis que la secrétaire, qui n’a plus ni téléphone ni fax, coupés car impayés, doit s’aménager un bureau de fortune sur le coin d’un bar, au café La Cigogne, juste à côté du Pointphone dévoreur de pièces, jusqu’à épuisement des dernières ressources…

Coûte que coûte se déroule ainsi selon une histoire, un suspense, un scénario in progress que la réalité est seule à inventer: plus la boîte vacille, plus le patron est sur les dents. En fait, il est aux dernières limites de la dissimulation, à deux doigts d’une dépression nerveuse, et il devra bientôt passer la main.
Incidemment, Coûte que coûte constitue un véritable désossage du système patronal, capitaliste et libéral. Il fonctionne en tout cas comme une très instructive et civique leçon de social: l’attachement amer de chacun à son boulot, la carotte d’une pseudo-participation (« Devenez actionnaires », propose le boss, décidément à bout de rouleau), le terrorisme commercial des grandes surfaces, etc.   LIRE l’article complet
SITE de claire Simon

FLASH – Le Rayon Vert de Eric Rohmer

1986 – Film tourné avec le budget d’un téléfilm de l’époque. Selon Rohmer, la télévision avait mieux compris les leçons de la Nouvelle Vague que le cinéma.
Pas de scénario. Tous les dialogues sont improvisés. Marie Rivière, l’actrice principale est donc aussi créditée en tant que scénariste.
Ce film est l’illustration des vers 5 et 6 de la Chanson de La Plus Haute Tour d’Arthur Rimbaud. « Que le temps vienne où les coeurs s’éprennent. »
Mais le rayon vert est aussi un phénomène optique, c’est un éclair vert qui apparait par temps dégagé au bord de l’océan au moment du coucher du soleil. On dit que celui qui voit ce rayon peut alors lire dans ses sentiments et ceux des autres.
Ce film est comme un parcours initiatique pour le personnage principal, Delphine. Un parcours au cours duquel elle doit apprendre à se construire et trouver son chemin sans se perdre dans les suggestions et les influences des personnages rencontrés sur son chemin.

Atelier du 20.02.13

Atelier consacré, essentiellement, à une grande figure de l’art vidéo: GARY HILL
Si le travail de Gary Hill s’est développé sous différentes formes – textes, installations, performances et bandes vidéo – seul son travail vidéographique « monobande » a été présenté et analysé.

« La vidéo permettait une sorte de jeu en temps réel, la possibilité de “penser tout haut”. C’était un processus accessible immédiatement et, apparemment, un parallèle beaucoup plus rapproché de la pensée. [...] Le temps, voilà ce qui est central à la vidéo; ce n’est pas de voir comme le laissent sous-entendre ses racines étymologiques. Le principe intrinsèque de la vidéo est la rétroaction. Ce n’est pas le temps linéaire, mais un mouvement lié à la pensée – une topologie du temps qui est accessible. » G. Hill

Gary Hill est un artiste américain né en 1951 à Santa Monica en Californie, connu pour ses bandes et installations vidéo.
C’est au lycée que naîtra son intérêt pour la sculpture et la peinture, ses références étant largement inspirées de l’art européen, avec notamment Picasso et Alberto Giacometti.
Dès le début des années 70, Gary Hill explorera la dimension sonore de ses sculptures métalliques, enregistrant et modifiant les vibrations qu’elles génèrent. Il se servira ensuite de magnétophones, travaillant avec des boucles sonores, le feed-back et d’autres sons électroniques. Ses travaux sur le son le familiarisent d’emblée avec le matériel électronique, puis le mèneront de façon décisive à la pratique de la vidéo.
Gary Hill s’intéresse essentiellement aux formes abstraites de vidéo et estime fondamental de déconstruire la vidéo sur tous les plans possibles, afin d’articuler un langage électronique propre au médium. Hill se penche surtout sur les relations images-sons. Cependant, à la différence des Vasulka et de Paik, il développe son vocabulaire électronique en fonction de systèmes de langage.

«Mon travail porte plutôt sur la trame de relectures et de réécritures dans le domaine électronique. A un certain moment, l’image est touchée par le langage, et il se produit quelque chose de physique. C’est largement un processus interne où la structure de l’œuvre se trouverait représenter ce qui se passe dans ma tête, et c’est pourquoi, dans quelques pièces, on n’entend pas seulement ma voix, mais on me voit aussi sur la bande, comme dans Commentaire.» G. Hill

ELECTRONIC LINGUISTIC / 1977  ( 3:45 MIN ) Gary Hill
Dans cette vidéo, il explore la corrélation structurelle et organique entre phénomènes linguistiques et électroniques. Les images apparaissent comme des visualisations de sons électroniquement produits, et la fréquence des sons « haute fréquence » varie en fonction de sa taille sur l’écran.

WINDOWS / 1978  ( 8:00 min.) Gary Hill                      VOIR

Réalisé en temps réel, Windows s’empare du motif traditionnel de la fenêtre et de sa relation à l’espace intérieur et extérieur, et mélange les images de 2 caméras video noir et blanc, en travaillant les images obtenues par des surimpressions, des keyers, et des effets chromatiques sans cesse modifiés par les prototypes de convertisseurs analogique-numériques conçus par Dave Jones.

PRIMARY / 1978  (1:10 min.) Gary Hill                 VOIR

La bouche de Gary Hill remplit l’écran prononcant silencieusement les mots « red », « green », « blue » (rouge, vert, bleu), les 3 couleurs primaires en synthèse additive, utilisées en vidéo, pour l’affichage sur l’écran. La bande son est composée de ces 3 mots coupés, abrégés dans de nouvelles combinaisons syllabiques.

MOUTH PIECE / 1978
 ( 1:00 min.) Gary Hill                            VOIR

Surimpression entre une bouche réelle, fixe dans le cadre et une succession de bouches stylisées par ordinateur, défilant de bas en haut. Quand la bouche “réelle” se superpose parfaitement avec sa représentation graphique, la bouche “embrasse” l’image, et le son synchrone du baiser est entendu. Il joue également sur d’autre alteration/interaction ludique entre sons, onomatopées et leurs traductions en image.

EQUAL TIME / 1979  (4:00 min.)  Gary Hill                              VOIR

Dans cette vidéo, Gary Hill expérimente la synchronisation d’éléments visuels et linguistiques, en un arrangement minimaliste, dans lequel deux “panneaux” blancs identiques (semblable à une trame), commençent respectivement sur le côté gauche et droit du moniteur, à traverser lentement l’écran noir.
Ces “panneaux” se chevauchent en produisant des “moirages”. Chacun d’eux est associé à la voix d’un orateur, dont la voix apparait soit à gauche, soit à droite de l’écran (diffusion en stereo). Lorsque les panneaux se chevauchent complètement, les mots des deux textes se mêlent et les deux voix, maintenant de concert, produisent un phasage rappelant le type de moiré visuel des “panneaux”. Comme les “panneaux” continuent à se déplacer, les voix ont changé de place (gauche > droite, droite > gauche) et chacun récite maintenant le texte de l’autre, la voix provenant finalement du côté opposé où elle avait été entendue au début de la lecture. Les panneaux continuent à traverser l’écran pour disparaitre, comme comme les voix.

AROUND & ABOUT / 1980  (4:45 min.) Gary Hill                       VOIR

Quand Gary Hill enseignait au “Media Studies Department at the State University of New York” de Buffalo, il dû changer de bureau, pour un nouvel espace beaucoup plus petit. Il y entassa affaires et matériels, video essentiellement.
Afin d’éviter de devenir complètement claustrophobique, il continua à travailler, persuadé de pouvoir faire une video à partir de Presque n’importe quoi. Il se demanda à quoi pourrait ressembler une video, si les images étaient coupées (montées) à chaque syllable d’un texte parlé? Il filma bien sûr ce qu’il avait devant lui…

VIDEOGRAMS / 1980 – 81  (13:25 min.) Gary Hill

Les “videograms” sont une série de courtes séquences, où texte lus et formes abstraites, produite électroniquement, dialoguent. Chaque sequence est numérotée, mais de manière aléatoire. Les formes métamorphiques complexes semblent être produites de manière imprévisible. Les éléments parlés évoquent des fragments de la vie quotidienne.
Cette bande (comme d’autres) a été créée à l’aide du fameux “Rutt/Etra scan processor”, un outil des années 1970 qui permettait aux formes électroniques d’être modulées à l’écran.

HAPPENSTANCE  (part one of many parts) / 1982-83  (6:30 min.)  Gary Hill     VOIR

Cette video, en boir et blanc, énonce d’abord les éléments de base du répertoire formel: le carré, le cercle et le triangle, rejoints ensuite par des lettres et des mots.Par des transformations successives d’éléments abstraits devenant reconnaissables puis redevenir abstrait, Gary Hill crée une sorte de chorégraphie de pensée, qui un peu comme dans “Videograms” – provoque une zone de tension entre les images et les textes parlés ou écrits. Des éléments sonores et musicaux soulignent des passages précis, mais également l’intertextualité complexe du travail.

MEDIATIONS (towards a remake of Soundings), 1979/1986  ( 4:17 min. )  Gary Hill

Gary Hill décrit ce qui se passe au fur et à mesure que sa main recouvre le haut-parleur de sable…Mais la situation n’est simple qu’en apparence. Cette parole qui sort du haut-parleur, que l’on voit vibrer, a plusieurs fonctions : en nommant elle fait voir, et produit un frissonnement du sable sur la membrane sonore. Voulant dire les événements et étant déjà elle-même événement, la parole ne réussit jamais à seulement dire ce qu’elle dit sans modifier au fur et à mesure ce qu’elle cherche à saisir….                VOIR

Site Recite (a prologue) / 1989  (4:00 min.)  Gary Hill

D’abord un horizon brumeux, encombré d’objets étranges: os, cranes, petits mammifères, ailes de papillon, noix et autres « découvertes » botaniques. Ces objets pourraient avoir été collecté lors d’une promenade en forêt, à l’exception de quelques notes ou papier chiffonnés. Des objets comme des reliques évoquant le cycle de la vie. La camera semble, par de rapides mises au point (focusing/unfocusing), observer certains objets qui semblent eux-mêmes tourner en rond.
Pendant ces brefs instants de netteté sur ces objets tournoyants, un narrateur explore son état momentané de conscience et sa relation au monde, verbalisant ses propres pensées. La dernière séquence place le spectateur à l’intérieur de la bouche de l’orateur. Comme le narrateur ouvre sa bouche et parle, la lumière entre dans la cavité parlante, Les mouvements de langue et les dents mastiquent les derniers mots: « … un combatant de la conscience de soi, et bougeant mon corps, pour bouger mon esprit et pour bouger mon corps et pour bouger la bouche, pour saisir le souffle de l’instant, … imaginant le cerveau, plus que les yeux.”

BLIND SPOT / 2003  (12:27 min.)   Gary Hill

Blind spot construit l’espace d’un portrait vivant par une focalisation temporelle d’un échange entre la camera (Gary Hill) et un homme marchant dans une rue du quartier algérien de Belsunce, un des quartiers du centre-ville de Marseille, près de la Canebière. Comme la camera zoome sur cet homme, l’image est progressivement interrompue par des plans noirs et silencieux de plus en plus long, de sorte qu’au fur et à mesure, la scène est tellement ralentie, allongée, et entrevoupée de noir qu’elle en devient Presque photographique.
Plusieurs documents montrés, ainsi que d’autres travaux (installation, performance, ….)  visibles sur le SITE de GARY HILL 

La suite du cours a été consacrée à la rencontre avec Alexander Schellow et la visite de son exposition : Tirana,  actuellement visible dans la galerie de l’erg, ainsi qu’à la vision de son dernier projet vidéo en cours de finition.

Alexander Schellow, né à Hanovre en 1974, vit et travaille à Berlin. Ses séries de dessins, animations, films, textes, archives et performances ont été présentés dans de nombreuses institutions internationales. Certaines sources de son travail ont été constituées en collaboration avec des scientifiques et artistes, dont la metteuse en scène Claudia Bosse (divers projets et theatercombinat), le chorégraphe Philipp Gehmacher (série “walk+talk”) ou encore le linguiste Klaus von Heusinger (“Souvenir et signification”, Université de Stuttgart).
 Depuis 2010, Schellow est Senior Fellow au Zukunftkolleg de l’Université de Constance.

 L’exposition ouvre à la suite d’un workshop d’une semaine réalisé avec un groupe d’étudiants de l’erg, durant lequel les participants ont mené une réflexion sur le(s) statut(s) du document, confrontant leurs idées avec les potentialités spécifiques du cinéma d’animation.
Le processus artistique déployé dans l’œuvre de Schellow est basé sur la reconstruction de la mémoire par la pratique du dessin. Engagé dans différentes situations (en l’occurrence la complexité du tissu urbain et social de Tirana, Albanie), il les traverse et les expérimente, focalisant son regard sur les détails. Le temps du dessin vient ensuite. Quelques mois après l’expérience directe, de retour dans son studio, l’artiste explore ses souvenirs et commence une production de dessins – structures complexes et tachetées – se focalisant sur de véritables situations et des surfaces visuelles qu’il a rencontrées dans le passé.
Comme l’explique l’artiste : La pratique de la reconstruction accompagnée de manipulations ciblées devient un moyen de recherche permettant d’explorer et par conséquent de « documenter », à travers ses propres perceptions, les relations spatio-temporelles de personnes dans des contextes spécifiques et dans les espaces urbains. En utilisant sa propre perception comme point de départ, chacun peut examiner et « documenter » de façon figurative les références spatio-temporelles concrètes des expériences corporelles et perceptives, à l’intérieur de contextes spécifiques.
L’exposition conçue pour la galerie de l’erg présente un ensemble de dessins, de films d’animation, de textes et autres matériaux en lien avec Tirana ; elle témoigne du travail en cours qu’Alexander Schellow poursuit sur cette ville.

 

FLASH: The Last Century

Sam Tailor Wood est une artiste contemporaine anglaise, réalisatrice, photographe et vidéaste.
The Last Century est une de ses installations videos.
Un homme est assis dans un pub et sa cigarette se consumme lentement. La scène est entièrement statique à part le clignement involontaire,  la respiration a peine visible de quatre acteurs immobiles, arrangés autour d’une figure centrale comme dans un portrait de groupe de Rembrandt ou Caravaggio.

La scène représentée évoque un présent figé, un arrêt sur image. Peut être que l’action se passe ailleurs, si on en croit le rire de la femme sur la droite… Lui a le regard dans le vague, l’air perdu dans son ennui.
Il faut un certain moment pour se rendre compte qu’il s’agit d’une vidéo, qu’il y a un mouvement, que le temps s’écoule. Alors, ça devient amusant de détecter les signes de fatigue chez les figurants, ça se transforme en performance.

Au delà de ça, cette video a l’effet de perturber le spectateur, de le mettre en doute sur ce qu’il voit et en réflexion sur l’écoulement d’une durée, sur sa perception.

Erg & BOZAR / PEDRO COSTA / 03.02.13

A NE PAS MANQUER
3 films de Pedro Costa, en sa présence!
15h En avant, jeunesse ! (vo st FR )
19h Ne change rien (vo FR )
21h Centro Histórico Aki Kaurismäki, Pedro Costa,  Manoel de Oliveira & Victor Erice  Première (vo st AN )
Rue Ravenstein 23  1000 Bruxelles
+322 507 82 00
Infos et réservation : CLIQUEZ

Pedro Costa (Lisbonne, 1959) est l’un des plus importants cinéastes contemporains. Depuis la fin des années 1980, il bâtit consciencieusement une œuvre impressionnante, où la beauté se révèle dans les lieux les plus improbables. Suivant une approche documentaire de l’image, son engagement est d’abord une question d’amour – pour le réel, pour le cinéma, pour l’humain. Nourri par les films de John Ford, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Robert Bresson, Jacques Tourneur ou Jean Renoir mais aussi par des siècles de peinture, le travail de Pedro Costa est à la fois puissant et sensuel, moderne et archaïque. Toutes choses y apparaissent “comme les premières choses au monde ». Travaillant à l’aide de petites caméras DV pour plusieurs de ses films, Costa a su trouver une nouvelle liberté et a contribué à l’invention d’une nouvelle écriture cinématographique.
Sa filmographie comprend O Sangue (1989), Ossos (1997), Dans la chambre de Vanda (2000), En avant, jeunesse ! (2006), Où gît votre sourire enfoui ? (2001, sur Jean-Marie Straub et Danièle Huillet), Ne change rien(2009).

En avant, jeunesse ! / 2008 Pedro Costa
Après Ossos (1997) et Dans la chambre de Vanda (2000), En avant, jeunesse ! (2006, 155’) est le troisième film de Pedro Costa tourné dans la banlieue nord-ouest de Lisbonne, dans le quartier cap-verdien de Fontainhas, un bidonville aujourd’hui rasé et dont le film enregistre la démolition progressive. Au moment du tournage, la plupart des 9 000 habitants de Fontainhas sont en voie d’être relogés dans de nouveaux immeubles. Ancrant sa fiction dans le réel, Costa y retrouve Vanda et y suit son père, Ventura, qui hante le film tel une “figure de seigneur déchu, exilé de sa royauté africaine, rendu inapte au travail par une blessure et à la vie sociale par une fêlure de l’esprit, sorte d’errant sublime, entre Oedipe et Lear, mais aussi entre les héros fordiens Tom Joad et Ethan Edwards” (Jacques Rancière). Une œuvre clé dans la filmographie de Costa.

Ne change rien / 2009 Pedro Costa
Ne change rien (2009, 100’) est né de l’amitié entre l’actrice Jeanne Balibar, l’ingénieur du son Philippe Morel et le réalisateur Pedro Costa. La caméra de Pedro Costa y suit Jeanne Balibar, chanteuse, des répétitions aux enregistrements en studio, des concerts rock aux cours de chant lyrique, interprétant son album avec le musicien Rodolphe Burger. Filmé dans un noir et blanc contrasté, ce film crépusculaire, qui joue sur les silences et les hésitations, apparaît comme une méditation sur le processus créatif, où le visage et la voix de Balibar émergent périodiquement de l’obscurité pour occuper temporairement un non-lieu, avant de replonger dans le néant. Le titre de la chanson de Balibar y fait écho à cette citation de Jean-Luc Godard, « Ne change rien pour que tout soit différent », qui reprend elle-même cette phrase de Bresson : « Sans rien changer, que tout soit différent ».

Centro Histórico / 2012  Pedro Costa
Suivi d’un entretien avec Pedro Costa.
Produit à l’initiative de la ville portugaise de Guimarães (lieu historique et capitale européenne de la culture en 2012), Centro Histórico (2012, 80’) est un film à quatre voix revisitant le genre du film à sketchs.
Aki Kaurismäki, Pedro Costa, Victor Erice et Manoel de Oliveira – quatre grands réalisateurs européens, quatre visions du cinéma – y déploient les récits que leur raconte la ville, entre réalité et fiction. Les choses n’y sont jamais ce qu’elles semblent.
Dans O Tasqueiro, le Finlandais Aki Kaurismäki raconte une journée de la vie d’un barman solitaire dans le centre historique de Guimarães. Avec Lamento da Vida Jovem, le Portugais Pedro Costa retrouve Ventura, le protagoniste cap-verdien de son film Juventude em Marcha. Dans Vidros Partidos, l’Espagnol Victor Erice explore les locaux de l’ancienne filature et usine textile de Rio Vizela, un des plus grands centres de production textile d’Europe, fermé en 2002, pour recueillir les témoignages de ceux qui y ont travaillé. Enfin, dans O Conquistador, Conquistado, le doyen du cinéma portugais Manoel de Oliveira (104 ans) évoque avec ironie une nouvelle « conquête », celle du centre historique de Guimarães par un groupe de touristes.

erg et BOZAR / Pedro Costa / 03.02.2013 à 15h / Palais des Beaux-Arts

Atelier du 30.01.13

Après les évaluations de fin de premier quadrimestre, projections et discussions autour de quelques vidéos d’étudiant et mise en relation avec d’autres oeuvres. SUITE

ECHO/ Suite à la vidéo AMALGAME de Maxime Lehoux, et à  #67 de Jean-Gabriel PERIOT, une émission déjantée, en 3 parties, se basant sur des données scientifiques et utilisant du foundfootage. Ce deuxième numéro d’Eurêka dévoile les étapes marquantes de la théorie de l’hérédité et de la reproduction, de l’Antiquité à nos jours.
Réalisée par Philippe Truffault et Olivier Appart, cette nouvelle série est la suite d’ « Eurêka! J’ai tout faux », diffusée en 1993-94 et qui avait connu un certain succès. Le principe est le même: traiter de façon humoristique les erreurs de la science depuis le début de l’humanité et ainsi montrer que la science est en perpétuel renouvellement.
Pour ce faire, l’équipe a utilisé des images d’archives (dessins animés, publicités, films en couleur et en noir et blanc) qu’elle a détournées de leur propos. « Nous avons d’abord rédigé une base de commentaire, puis fait une longue recherche. Certaines de nos découvertes nous ont d’ailleurs conduites à ajuster voire à modifier le texte », explique Chantal Bernheim, productrice de la série.
EUREKA, J’AI (ENCORE) TOUT FAUX / Les chiens ne font pas des chats / 1999  Philippe Truffault et Olivier Appart

ECHO/ Suite à la vidéo PORTRAIT d’Albin Metthey  et à PRTRT de Jean-Gabriel Périot, le clip BIRDS IN BERLIN / 2011 de Klaas Verpoest & Ief Spincemaille, sur une musique écrite, composée et jouée par Liesa Van der Aa, une influence d’Alicia Lefevre     VOIR
Liesa Van Der Aa, jeune violoniste anversoise, a sollicité 10 artistes contemporains pour mettre en image chacun des 10 titres de son premier album.

ETUDIANT / Vidéo d’Alexandre Pigeard - CLIP sur le remix de la chanson de Marvin « Gaye Ain´t That Peculiar »                                                                  VOIR

ETUDIANT / Vidéo de Pierre-Patrice Kasses 1/2 Les quatres saisons, délire visuel articulé sur les 4 saisons, et retraçant le trajet d’un homme de son enfance, en passant par une jeunesse faite de dépravation télévisuelle/réelle puis à sa rédemption.
ETUDIANT / Vidéo de Pierre-Patrice Kasses 2/2 L’attente, film en splitscreen, racontant l’attente… d’un coup de téléphone. « L’angoissante attente » est matérialisée par la montée en pression d’une bouilloire abandonnée sur un bec de gaz.
ECHO/ à cette image de bouilloire et de pression qui monte irrémédiablement annonçant un danger, une explosion possible due à l’accumulation d’énergie…
INTERVENTION DIVINE / 2002  Elia Suleiman
Le film est une critique ironique de l’absurdité de la situation géopolitique en Palestine.
Il a été tourné juste avant l’explosion de la seconde Intifada.
E.S., un Palestinien vivant à Jérusalem, est amoureux d’une Palestinienne de Ramallah.
Il est partagé entre son amour et la nécessité de s’occuper de son père, très fragile. En raison de la situation politique, la femme ne peut aller plus loin que le checkpoint situé entre les deux villes. Les rendez-vous du couple ont donc lieu dans un parking désert près du checkpoint.

De part la volonté isarélienne, les palestiniens sont confinés dans un epace restraint et retournent la violence contre eux. Une réponse différée puis dévellopée dans un autre espace que celui de l’affrontement, voilà bien quel pourrait être alors le message de toute cette série de gags mis en scène avec une même rigueur formelle par Suleiman pour hisser la démonstration cinématographique à la hauteur d’une réflexion éthique :
« Mon cinéma reste apparemment contemplatif. L’image donne des indications sur l’action, ainsi le champ de l’action peut se dérouler à l’extérieur du cadre. Dès que l’action est lancée, elle ne peut être interrompue. On impose donc une façon de penser.
Si l’on se contente de rester dans la contemplation, on pose simplement une question, l’image communique des informations et l’on donne seulement des indices sur l’action. Voilà pourquoi je préfère rester dans le style contemplatif. Ce film en particulier exigeait de l’action, lorsque la vie quotidienne est perturbée, lorsque l’on voit une force contraire qui s’impose, et que la rupture est inévitable. On ne peut jamais rester inactif au milieu de l’action. Quand on est attaqué, que faire ? Puisque c’est du cinéma, on peut détourner une agression et créer un autre espace, comme un rêve pour déclencher une action différente, une contre-attaque »
. (interwiev de Serge Kagansky dans les inrockuptibles)
LIRE l’analyse de la séquence de la « Ninja warrior » de Carole Desbarat

Dans un tel climat, E.S. – joué pour Suleiman lui-même – ne peut rien dire et ne dit d’ailleurs pratiquement pas un mot durant tout le film, il ne peut rien faire, et surtout pas répondre aux provocations calculées et voulues des militaires israéliens.
Le film d’ailleurs se termine sur ce danger d’explosion dans une parabole très claire. E.S et sa mère regardent une cocotte-minute en train de siffler. La mère lui dit qu’il serait temps maintenant d’éteindre le feu.
Et le film se finit avant qu’on sache si le feu a été éteint ou non.

ETUDIANT / Vidéo de Pia Renaudat L’échange
2 personnes âgées, assises sur le lit d’une chambre d’adolescent. Ils se comportent en adolescent, « musique à fond »
ETUDIANT / Vidéo de Sandy Gerain  Mood for what, Film de montage n’utilisant que les ilmages du film de Wong Kar-Wai / In the mood for love / 2000.
Hong Kong,1962. Journaliste, Chau emménage avec sa femme dans un nouveau logement, en plein cœur d’un immeuble habité par la communauté shangaiaise. Il y rencontre Li-Chun, ravissante jeune femme qui vient elle aussi d’emménager avec son époux. Celui-ci, représentant d’une société japonaise, est régulièrement absent. Lui-même souvent seul, Chau passe de plus en plus de temps avec Li-Chun, jusqu’au jour ou les deux amis découvrent que leurs époux respectifs sont amants… Dès lors Li Chun et Chau essaient de comprendre comment cette histoire d’A (comme adultère) a pu commencer. A ce petit jeu, ils tomberont eux aussi amoureux l’un de l’autre.
Sandy Gerain reprend les 3 moments de leur relation – rencontre, relation, séparation – en y associant une musique et en réorganisant les images.

ETUDIANT / Vidéo de Lou Colpe  Journal filmé. Lou filme depuis près de 7 ans ses grands-parents, au quotidien. Premier montage des derniers moments tournés: la mort du grand-père.

Atelier du 23.01.13

Après les évaluations de fin de premier quadrimestre, projections et discussions autour de quelques vidéos d’étudiant et mise en relation avec d’autres oeuvres. SUITE

Retour sur le film de Dominique Dubosc (La lettre jamais écrite) dont l’élément déclencheur est une photo de Duane Michals, photo accompagnée d’un texte.
« Saisir le réel, prendre sur le vif, capter le mouvement, donner à voir, pour Duane Michals, c’est le piège de la photographie : un faux devoir, un désir maladroit, une illusion sur soi-même. « Les ‘livres de photographie ont souvent des titres du genre : « L’œil du photographe », ou « Le regard de Machin-Chose », ou « Donner à voir », comme si les photographes n’avaient que des yeux et rien dans la tête. » La métaphore du regard, longtemps, a capté la pratique du photographe et lui a imposé une loi : être un oeil, un oeil impeccable et impérieux qui prescrit aux autres ce qu’ils auraient dû voir.
Il y a, chez Duane Michals, tout un travail – c’est là son côté souvent drolatique, loufoque, burlesque – pour se dégager de cette lourde éthique du regard : il entreprend d’annuler ce qu’on pourrait appeler la fonction oculaire de la photographie. De là toute une série de jeux plus ou moins complexes, où l’objectif, sans cesse, laisse échapper le visible, tandis que l’invisible, indûment, surgit, passe et laisse ses traces sur la pellicule. »
Michel Foucault,
« La pensée, l’émotion », in Michals (D.), Photographier de 1958 d 1982, Paris, musée d’Art moderne de la ville de Paris, 1982, pp. III-VII.
Fasciné par le photographe et par une photo en particulier, Dominique Dubosc réalisera même le numéro de la série Contact consacré à Michals.
CONTACT : DUANE MICHALS / 1993 Dominique Dubosc
Comme le pointe Dominique Dubosc, Duane Michals travaille souvent la séquence photographique. Ses séquences sont légendées de sa main, et racontent des histoires. Ironiques souvent, et parfois féroces. “La plupart des photographes sont des reporters, moi je suis un écrivain de la photographie”, explique-t-il.
« Depuis longtemps, les photographes ont pratiqué l’art de la série : soit pour raconter une histoire, comme Robinson racontait Le Petit Chaperon rouge, soit pour dérouler le temps de façon aussi serrée que possible, à la manière de Muybridge, soit encore pour épuiser tous les profils d’un objet jusqu’à l’anéantir. (…) Les séries de Duane Michals ont une tout autre économie. Au lieu de s’approcher pas à pas d’un événement, ou d’une scène, ou d’un geste pour les saisir, comme par maladresse, ou par impuissance, elle les laisse échapper. Une porte s’ouvre lentement, la femme assise sur le canapé est surprise ; elle se retourne un peu, puis, brusquement, se lève dans un mouvement de frayeur qui fait bouger son image et l’efface ; la porte s’ouvre sur rien.(…)
Si Duane Michals a eu si souvent recours aux séquences, ce n’est pas qu’il y voit une forme capable de réconcilier l’instantané de la photographie avec la continuité du temps pour raconter une histoire. C’est plutôt pour montrer, par la photographie, que si le temps et l’expérience ne cessent de jouer ensemble, ils ne sont pas du même monde. Et le temps peut bien apporter ses changements, le vieillissement, la mort, la pensée-émotion est plus forte que lui ; elle, et elle seule, peut voir, peut faire voir ses invisibles rides. »
Michel Foucault, opcit
Duane Michals a rencontré Magritte et l’a adoré. On trouve chez lui bien des procédés «magrittéens» – c’est-a-dire opposés exactement à ceux de Bacon : ils consistent, en effet, à polir, à parfaire une forme jusqu’à son plus haut point d’accomplissement, puis à la vider de toute réalité et à la soustraire à son champ de visibilité familière par des effets de contexte. Il utilise également à merveille la technique de la double exposition pour mêler deux images en une et exploiter son obsession du double. « C’est un vrai langage photogra­phique, cela n’existe pas dans la vraie vie sauf quand l’ivresse monte. »
Michel Foucault, opcit
LIRE l’article de Michel Foucault

ECHO/ des images qui révèlent… D’autres images hantent, provoquent, font réagir.
Au moment d’appuyer sur le déclencheur, Issouf Sanogo est loin de soupçonner les vagues que sa photo va provoquer, lui qui ne trouve pas la scène « particulièrement extraordinaire, ni choquante. »
Elle montre un soldat français déployé à Niono, dans le centre du Mali, dans le cadre de l’intervention de l’armée française dans ce pays.
Et le photographe de préciser qu’il n’y a « aucune mise en scène » dans cette image, en dépit de ce que la grande beauté du cliché peut suggérer. C’est que l’image possède, à la faveur de la contreplongée et d’une lumière étonnante, un cachet quasi cinématographique ; elle évoque aussi un jeu vidéo, le foulard squelettique rappelant un personnage de la série Call of Duty.
Call of Duty est une série de jeux vidéo de tir subjectif sur la guerre. Traduit de l’anglais, le nom de ce jeu signifie littéralement « L’Appel du devoir ».
« Ce masque pose un problème de communication militaire et politique », comme le précise François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’Iris et auteur de Terrorisme, violence et propagande (Gallimard, 2011). « (Les) soldats (Français) sont censés mener une opération propre et légale contre des criminels. Intervenant avec l’accord de l’ONU, ils sont censés être impeccable. Mais en jouant les histrions tragiques, ce soldat fournit des arguments à la propagande adverse. Il donne l’impression que nos soldats pourraient être du côté des bandes de voyous. Cette image pourrait être exploitée par la propagande djihadiste qui pourrait y voir « les croisés au service de la mort ».
Il y a un deuxième niveau d’interprétation. Nous ne sommes plus dans l’illusion du zéro mort. Dans cette guerre au Mali, le gouvernement a décidé de jouer la fermeté. Ce soldat nous rappelle que nous allons faire une guerre où il y aura des morts. »
L’image est donc trop puissante, elle donne l’image de la réalité que l’on veut cacher.
Pour Quentin Girard, dans Libération, » le message que l’homme véhicule est très clair : je suis venu apporter la mort. (…) Le soldat imite un personnage de Call Of Duty, Ghost, un membre des forces spéciales américaines, d’origine britannique, qui porte le même type de masque. Ce qui indique sans doute qu’il est conscient qu’il est ici «au péril de sa vie» puisque Ghost, dans Modern Warfare II, un des épisodes du jeu, meurt ». Pourtant, on trouvait déjà, sur le net des militaires américains arborant des foulards « imprimés squelette » (3ème Photo à gauche en haut), avant l’apparition du Ghost du jeu vidéo. Qui influence qui? Difficile à dire, d’autant plus que, comme le précise encore Quentin Girard, « ce n’est pas la première fois qu’un soldat mélange la guerre et les jeux vidéo. En novembre dernier (2012), des membres de l’unité Seal Team 6, celle qui a tué Ben Laden, ont été sanctionnés par leur hiérarchie pour avoir conseillé les concepteurs du jeu Medal of Honor Warfighter.
Au-delà des références à Call of Duty, que tout le monde ne possède pas, la photo touche le spectateur par l’évidence du message. Depuis le Moyen Age, la mort est représentée par un squelette décharné qui amène l’Apocalypse sur les terres qu’il traverse. Pis, de Pieter Bruegel à Felix Nussbaum en passant par le Masque de la mort rouge d’Edgar Allan Poe, il le fait avec le sourire. »

ECHO/ des images qui révèlent… Autre image qui révèle, sans doute trop fortement, ce qui est en jeu. Lors d’un débat organisé dans le cadre de la campagne précédant les élections européennes, La rédaction de France 2 organise un débat entre Jean-Marie Le Pen et Bernard Tapie.
FRANCE 2 / DEBAT LEPEN / TAPIE – JUIN 1994 Paul Amar VOIR
Contraint à ce débat par Jean-Pierre Elkabbach, alors président de France Télévisions, Paul Amar estimait que ce débat ne pouvait être qu’un pugilat entre les deux hommes. Pour « mettre une image » sur cette sensation, il propose des gants de boxe aux deux contradicteurs.
Là aussi, l’image est trop forte. A cause du tollé général qui a suivi, il sera contraint de démissionner, alors qu’il était présentateur vedette du 20 heures de France 2.

ECHO/ des images qui révèlent… Autres images qui déclenchent, un film cette fois, un peu comme la photo de Michals pour Dubosc, l’annonce des résultats du premier tour de la présidentielle française de 2002. VOIR
Devant son poste de télévision, comme beaucoup, d’autres français: Jean-Gabriel Périot.
Il reçoit ce résultat comme une giffle.
21.04.02 / 2002 Jean-Gabriel Périot VOIR
« Ce film mixe, par un montage ultra-rapide, des images tv, des photogrammes de film, des pubs, des images pornographiques, des photos de famille… L’impact violent que crée ce film reflète la confusion et la saturation visuelle qui nous submerge aujourd’hui.
C’est une réponse au soir du 21 avril 2002. Premier tour des élections présidentielles françaises où Jean-Marie Le Pen est arrivé en deuxième position. C’était aussi la date de mon anniversaire. » écrit Périot sur ce film.

ECHO/ des images qui révèlent…et suite au film « légumier et politique (de merde) », #67 / 2012 de Jean-Gabriel PERIOT. Ce film s’inspire très directement d’un autre film, dont il utilise le procédé, L’île aux fleurs.
L’ÎLE AUX FLEURS (Ilha das Flores) / 1989 Jorge Furtado VOIR
Film pamphlet, systématique et grinçant, ce court métrage dénonce la sous-humanité qu’entraîne l’économie de marché et les 13 millions de Brésiliens sous-alimentés.
Ce film est basé sur une voix off drôle et critique. Ce texte, Jorge Furtado l’a finalement écrit en trois jours. Il a regroupé les données qu’il a obtenues dans un certain ordre, qui est le sien. « Je voulais un texte comme un message envoyé à Pluton, comme si j’allais expliquer la situation à une personne qui ne connaissait pas la différence entre une poule et un être humain, précise-t-il. La fin de mon texte reprenait en fait mon malaise initial: existe-t-il quelque chose de plus grand que la logique, quelque chose de plus puissant que le raisonnement? J’ai alors emprunté une phrase de Cecilia Meirelles pour finir. C’est une formule circulaire, un casse-tête, une métaphore en forme de spirale: ‘Liberté est un mot que le rêve humain alimente. Il n’existe personne qui l’explique et personne qui ne le comprenne’. Ainsi, si on ne sait pas pourquoi les choses ne vont pas, on n’a aucun moyen de les expliquer c’est une caractéristique de l’être humain ». ARTICLE sur le film

ETUDIANT / Vidéo d’Albin Metthey Portrait, recherche graphique sur un visage.
ECHO/ un autre film de Périot, ou il travaille, lui aussi, la décomposition d’un visage.
PRTRT / 2008 Jean-Gabriel Périot VOIR
ETUDIANT / Vidéo de Lola Bonanno Arrêt sur image. Une action suspendue, une conversation arrêtée à jamais. Mais, la cendre d’une cigarette qui va tomber. Mais les personnages qui bougent imperceptiblement…
ETUDIANT / Vidéo d’Elliot Dadat 1/2 4 secondes
Elliot échantillonne un plan de 4 secondes. Du son, comme une rumeur de circulation. Une image, comme une fête avec château et Père Noël gonflables. Et une statue.
Les 4 secondes choisies se répètent. On s’éloigne, ou on se rapproche. Tellement que les pixels de l’images deviennent images.
ETUDIANT / Vidéo d’Elliot Dadat 2/2 Piles et faces. (3 versions)
Un jeune homme assis essaye de faire fonctionner une lampe de poche neuve. A côté de lui, des gens passent ou attendent, pour traverser une rue. Mais la composition de l’image coupe, littéralement, l’image en deux. Les 3 propositions jouent sur cette composition, isolant le personnage – dans sa vaine tentative d’avoir de lumière – des passants. D’abord l’image est montrée. 2 univers qui semblent ne pas se voir. Ensuite, les passants ralentissent anormalement (Slow). Enfin, ils marchent en rebroussant chemin (Reverse).
ETUDIANT / Projet d’Antoine Grimée Projet de Vidéo évoquant le voyage vers un lieu filmé, durant l’enfance, en Super 8. Un voyage qui regarde chaque étape et endroit traversé. Endroits ni plus, ni moins intéressants – peut-être – que le but du voyage.
Antoine trouve un écho à sa recherche, dans le travail de Patrick Keiller.
Architecte de formation, Patrick Keiller poursuit ses recherches au-delà des frontières conventionnelles de l’architecture avec sa première installation audiovisuelle à la Tate Gallery en 1982 puis plusieurs courts-métrages dans lesquels il associe les paysages quotidiens urbains et ruraux à une narration fictive. Viennent ensuite deux longs-métrages, « London » et « Robinson dans l’espace », deux confrontations pince-sans-rire et polémiques entre le monde tel que se l’imaginent les deux protagonistes et la réalité qui se déroule sous leurs yeux.
THE CLOUDS / 1989 Patrick Keiller VOIR en VO
« J’ai réalisé The clouds après avoir lu une série d’ouvrages scientifiques connus, dont La nouvelle alliance d’Ilya Prigogine et Isabelle Stengers. Le document de départ pour le film était un chef-d-’oeuvre de photocopie laser, en couleurs et en noir et blanc, et impliquait (au moins à mes yeux) une fluidité qui, je m’en rends compte rétrospectivement, aurait nécessité une image animée d’un genre entièrement nouveau: véritablement continue, au lieu de n’être qu’une succession rapide de photogramme fixes. » P. Keiller
Des images en noir et blanc du paysage nord de l’angleterre. La caméra se déplace lentement, regarde avec attention, s’arrête parfois. Paysage et architecture se mêlent (…). La narration en voix off est d’une grande puissance. Des citations du De natura de Lucrèce, de mythes de la création du monde se répondent dans un monologue par lequel le narrateur tente de reconstituer l’histoire de sa vie et cherche ses racines.
ROBINSON DANS L’ESPACE / 1997 Patrick Keiller Court EXTRAIT
« Dans ces films Patrick Keiller scrute le monde qui l’environne avec une rigueur éblouissante et très dérangeante. Sa vision est hautement personnelle et affreusement juste. » Harold Pinter
Patrick Keiller tourne son premier long en 1997, intitulé London, dans lequel il ausculte les raisons culturelles et politiques du déclin de la ville à travers une voix-off, celle de l’acteur Paul Scofield. En 1997, il réitère l’expérience pour Robinson dans l’espace. Avec le même narrateur, qui suit toujours son ami Robinson dans ses balades, Keiller effectue un état des lieux de l’espace urbain en Angleterre. Les deux films critiquent la politique économique et urbaine menée sous les ères de Margaret Thatcher et John Major.
S’apercevant à la fin de sa première enquête (dans le film London) que « la véritable identité de Londres est dans son absence », Robinson quitte la capitale et, après avoir étudié le problème de Londres, se penche dans « Robinson dans l’espace » sur le problème de l’Angleterre.
Ayant été licencié, il quitte la capitale. Il aurait aimé devenir espion, mais ne sachant pas trop à qui s’adresser il a accepté la proposition d’une agence de publicité renommée de faire une enquête sur le problème de l’Angleterre et son capitalisme de gentleman. Il devient ainsi un étudiant itinérant du paysage anglais, de son économie, de ses collèges, de la malbouffe, de la sexualité de ses habitants…
Paul et Robinson prennent conscience de réalités qui souvent les déroutent (« pour beaucoup la vie, même au coeur des pays industrialisés, consiste à attendre avec ses courses un bus qui ne vient jamais »), leur incompréhension grandit à mesure qu’ils s’enfoncent dans le pays (ils se retrouvent au milieu de nulle part alors qu’ils cherchent des traces de la fumerie d’opium fréquentée par Dorian Gray en suivant les indications du roman).
Le paysage est plus agressif, les barbelés dressés sur les murs d’enceinte s’aiguisent. Distinguer une prison d’un supermarché devient plus difficile, l’atmosphère devient plus sado-masochiste…
Robinson finira par perdre la raison.

ETUDIANT / Projet d’Arsène Filliatreau Splitscreen 1/2
D’un côté, un travelling implacable le long des chaînes de production des objets et meubles Ikea. De l’autre, un travelling bricolé, le long des caisses de cette enseigne suédoise.
ETUDIANT / Projet d’Arsène Filliatreau Splitscreen 2/2
Le film promotionnel grandiose pour un hypothétique aéroport gigantesque à Nantes quadruplé par un double effet de miroir. Hypnotique.
ECHO/ un autre (et dernier) film de Périot, ou il travaille la démultiplication de l’image. L’image n’est pas n’importe laquelle.
NIJUMAN NO BOREI – 200000 fantômes / 2007
Jean-Gabriel Périot VOIR
Le film s’articule autour d’un bâtiment symbolique pour cette ville: le dôme du Palais d’exposition industrielle du département de Hiroshima. On l’appellera par la suite dôme de Genbaku , ou le mémorial de la paix d’Hiroshima ou encore le dôme de la Bombe Atomique. Le 6 août 1945, à 8h15 du matin, la première bombe atomique explosa à 580 mètres du sol, à environ 140 mètres au sud-est de ce bâtiment. Les constructions alentour furent instantanément rasées, mais ce bâtiment, du fait qu’il a subi le souffle de l’explosion presque directement de dessus, resta en partie debout.
Au bout d’un certain temps, les gens se mirent à nommer les ruines de ce bâtiment le « Dôme de Genbaku ». En juin 1995, ces ruines furent classées monument historique et l’année suivante, le 5 décembre 1996, elles furent inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
« Le film, en accumulant autant de photographies chronologiquement, rend en effet visible une histoire architecturale et urbanistique de ce lieu très particulier. Ici, cependant, il ne s’agit pas uniquement de voir une ville se bâtir, mais plutôt de voir une ville se reconstruire sur les cendres de la ville précédente. Le dôme fait lien, il relie ces deux villes « différentes », voire antagonistes. Par lui, cette reconstruction devient métaphorique des enjeux mémoriels du bombardement. La ville moderne est à la fois effacement de la désolation, oubli, mais aussi porteuse d’un espoir, symbole de la vie revenue. » J-G Périot
ENTRETIEN avec Jean-Gabriel Périot sur ce film.
SITE PERSONNEL de Jean-Gabriel Périot

Atelier du 16.01.13

Après les évaluations de fin de premier quadrimestre, projections et discussions autour de quelques vidéos d’étudiant et mise en relation avec d’autres oeuvres.

ETUDIANT / Vidéo de John SILVESTRE / Dans la maison
Réponse à l’exercice « 3 plans », déambulation énigmatique et nocturne dans une maison
Évocation d’un film marquant pour John, autour d’une maison, à travers un plan séquence
> LA PEUR, PETIT CHASSEUR / 2004 Laurent Achard VOIR
Un long plan fixe de neuf minutes pour parler de la violence conjugale. L’enfant recroquevillé près de la niche de son chien semble minuscule à côté de l’horrible bâtisse qui renferme quelques douloureux secrets.
ECHO/ Film d’une heure en plan séquence (essentiellement) dans une maison (émission « Live », produite par Philippe Grandieux pour « la sept »)
LA LETTRE JAMAIS ECRITE / 1990 Dominique Dubosc
Il s’agit d’un plan-séquence de 55 minutes tourné le 11 octobre 1990 (de 16h à 17h) à Kamakura-City au Japon.
L’idée de ce film m’est venue d’une photo de Duane Michals, accompagnée d’un texte : “J’ai toujours espéré que mon père m’écrive un jour une lettre pour me dire où il avait caché son amour pour moi. Puis il est mort et je n’ai jamais reçu la lettre…”
Après la mort soudaine de mon père, j’ai pensé que je pourrais peut-être écrire à sa place cette “lettre jamais écrite” en réunissant les moments (rares) où il m’avait montré son amour.
La fin du film se questionne sur le point de vue « artistique » d’une photographie.
« Mon père m’a demandé: ‘Mais qu’est-ce que tu vois, là? Tu vois sans doute quelque chose que je ne peux pas voir. »
ECHO / Sur la question de ce que l’on voit – ou peut voir – dans une image,
LES PHOTOS D’ALIX / 1980 Jean Eustache VOIR
La photographe Alix Cléo Roubaud, la femme de Jacques Roubaud, commente certains tirages à Boris Eustache (le fils du cinéaste). Dans une sorte de vertige, on s’aperçoit à mi parcours que les images et leurs commentaires ne correspondent plus – la bande-son a divorcé de la bande-image.
ETUDIANT / Vidéo d’ YSATIS DUSSENWART Le test de Rorschach
Vidéo basée sur le célèbre test. Le test de Rorschach ou psychodiagnostic est un outil clinique de l’évaluation psychologique de type projectif élaboré par le psychiatre et psychanalyste Hermann Rorschach en 1921. Il consiste en une série de planches de tâches symétriques et qui sont proposées à la libre interprétation de la personne évaluée.
ETUDIANT / Vidéo de THÉOPHILE DEBACHE
Réponse à l’exercice « 3 plans », où des espaces finissent par se rapprocher
ETUDIANT / Vidéo de MAXIME LEHOUX Amalgame
Comme le titre l’annonce, Maxime mélange des images, des personnes, des concepts, des mots, des idées qui ne sont pas ordinairement unis, et dont les amalgames conduisent à de bien curieuses conclusions. Donc, l’or n’est pas de l’or….
ECHO / et référence importante pour Maxime, le travail de Jean-Gabriel Périot.
INTERVIEW de Jean-Gabriel PERIOT sur son film LES BARBARES VOIR
Dans ce film, les photos défilent par un processus de balayage (Volet vertical), les photos officielles des gens de pouvoir de ce monde se succèdent, les grands se mêlent aux petits, puis ce sont les photos d’équipes sportives, de soldats, de mariages, de pom-pom girls, toujours en rang d’oignons, le sourire aux lèvres.
La distance entre chaque volet diminue progressivement laissant apparaître à l’écran, de nouvelles « compositions » faites de plusieurs parties d’images. Le montage pourrait amuser, si nous n’étions pas rappelés à l’ordre par la musique. Se succèdent alors des images plus brutales, pour finir dans un bain… de feu.
LES BARBARES / 2010 Jean-Gabriel PERIOT VOIR
ECHO / Vidéo de J-G. Périot ayant influencé Maxime
#67 / 2012 Jean-Gabriel PERIOT
« Un film légumier et politique (de merde) » dixit Périot. VOIR