A la mode, à la mode…

Il est rare que la photographie de mode fasse l’objet d’un article sur ce blog, comme certain(es) étudiant(e)s semblent intéressé (e)s par la chose voici quelques liens (Nous avons malgré tout vu un docu sur Erwin Olaff et un autre sur Demarchelier).

C’est vrai qu’il n’y a pas de quoi faire la fine bouche, des photographes comme Man Ray, William Klein, Irving Penn, Richard Avedon, Wolfgang Tillman, Erwin Olaff… passent volontiers et souvent avec bonheur les frontières des genres, du marché de l’art à celui de la mode.

Les liens qui suivent ne constituent en rien un parcours exhaustif, un simple « balade » entre les rayons dédiés à tâter les étoffes, à juger des modèles…

David Bailey sa vie inspire Antonioni pour le rôle du photographe dans Blow up, autodidacte il puisse son inspiration a différentes source, la peinture avec Picasso, la photographie (celle de H. Cartier Bresson par exemple), le cinéma ( la Nouvelle vague), l’influence hippie…

Guy Bourdin

Ancien assistant de Man Ray, ses images extrêmement construites traduisent deux obsessions, la violence et le sexe. Elles se traduisent par des mises en scène cinématographiques, l’omniprésence du rouge, la saturation des couleurs, une lumière de flash dure et une ambiance mystérieuse.

Jean Paul Goude

Il utilise très tôt des techniques de « recomposition » d’images que Photoshop popularisera (à l’excès!) plus tard. Un bel exemple de pluridisciplinarité aussi, graphiste, photographe réalisateur…

Une rétrospective de son travail est visible jusqu’au 18 mars 2012 aux Arts Décoratifs à Paris.

Peter Lindbergh

Un travail en noir et blanc fortement influencé par le cinéma et la peinture. Certaines images sont proches du style du cinéma allemand des années ’20 sans pour autant s’y limiter.

Nick Knight

Un usage de la lumière particulier , qui ira jusqu’à l’abstraction et un regard volontiers décaler sur la mode, ses recherches visuelles peuvent être proche de Corinne day ou Juergen Teller. À voir aussi showstudio.com/

Jonathan de Villiers

Un photographe, diplômé en philosophie et qui cite comme référence Garry Winogrand, Irving Penn and Eugene Smith. Then there’s Jeff Wall, Thomas Struth and the German school. I’m into Araki and Daido Moriyama as well

David Lachapelle

Que dire de Lachapelle auquel Andy Wahol offrira son premier travail de photographe?

Son travail à des sources d’inspirations diverses, histoire de l’art, pornographie, culture populaire.

Hedi Slimane
Directeur de la création chez Dior, photographe, crée un blog photographique appelé DIary (consultable sur son site)

L’Autre, seconde partie

Inconnus et incognito

La rue, les espaces publics, les axes de communication, fournissent un espace d’observation, de rencontre, d’action (de l’anecdote à la performance). Les approches sont variées mais s’inscrivent aussi dans une histoire partagée.

Marches, déplacements

la ville se découpe en espaces particuliers, Walker Evans a ainsi traité une série pour Fortune en 1946. Des travailleurs sont photographiés de manière anonyme devant un fond neutre.

Dans les années ’30 il réalise une série de portraits de passagers  du métro, il le fait avec un appareil caché. Il les organise en séries.

Dans les années ’80 Bruce Davidson entame son projet « Subway »

De 1995 à 1997 Luc Delahaye opère discrètement dans le métro parisien et produit une série. Un sélection d’une centaine d’images « volées » prendront place dans le livre intitulé « L’autre ». Cela lui vaudra un procès de la part de certains de ces « modèles », il le gagnera.

Vincent Debanne entame vers 2001 un travail sur « Les troupes de la Défense » (le quartier de Paris).

Beat Streuli aime voir sans être vu, il construit ses séries à partir de déambulations dans différentes villes. Images au téléobjectif qui isole le « passant », ensuite les images sont regroupées ou isolée dans une série, une projection, voir une installation dans l’espace public.

Wolfgang Tilmans réalise un travail sur la Circle Line,à Londres (2000)

Chris Marker réalise netre 2008 et 2010 un série dans le métro parisien, dans  « Passenger »  il y enregistre, entre autre, quelques attitudes proches de peintures

 

L’Autre, première partie

Certains étudiants envisagent d’aborder leur projet par le biais d’un travail sur le portrait ou la photographie de rue. Se pose donc à la fois la question du sujet, élément de projet et objet de photographie, et du rapport entretenu avec ledit sujet, bref l’Autre.

Or ce rapport à l’Autre, la distance et la manière dont on l’aborde n’est pas évidents, il peut être distancier, brutal, empathique, proche, pictural, cinématographique, respectueux, anthropologique, conceptuel, curieux, manipulateur…

Partons, avec Marc Pataut, d’un position d’équilibre ou d’échange qui s’élabore non pas à partir d’une méthode immuable mais par de méthodes singulières, au cas par cas.

Il les avait défini lors de son passage à l’ERG comme des outils, au même titre que le matériel de prise de vue et pris pour exemple celle qu’il avait élaborée pour son travail sur les compagnons d’Emmaus.

Marc Pataut, "Portrait de Yannick venot, Compagnon d’Emmaüs, Scherwiller 1993

« Marc Pataut met en oeuvre des procédures dans le but de créer des conditions de possibilité, pour ses modèles, de devenir des sujets. Après que la photographie-document a longtemps dépossédé sans vergogne les modèles de leur image, il s’agit de les faire accéder au rôle de partenaires actifs du processus photographique. La situation de faiblesse, de dépendance et d’exclusion qui est celle de beaucoup de modèles de Marc Pataut leur confère le pouvoir paradoxal de mener le jeu, d’en régler le rythme, d’en infléchir les procédures. [...] Photographier et dialoguer convergent ici dans la recherche tâtonnante et toujours singulière de la bonne distance avec l’Autre. Construire une proximité et un échange au-delà et à partir des différences, s’enrichir des écarts, adapter ses méthodes et ses rythmes à ceux de l’Autre, tels sont les principaux éléments d’une photographie dialogique. Marc Pataut en tire des savoirs, des images singulières, voire un mode d’action sociale. »

A. Rouillé, La Photographie

 

« Lorsque j’entreprends un projet, je travaille, les gens travaillent. Le temps me permet de comprendre, de changer de position, mais il permet aussi la même chose à autrui. C’est un aller-retour. »
Marc Pataut

Ci dessous un travail en hôpital qui pourrait intéresser Youquine

Note de l’éditeur

Dans le cadre du programme «Culture à l’hôpital», l’artiste photographe Marc Pataut a travaillé pendant près de trois ans dans une unité de soin pour adolescents, souffrant de pathologies telles l’anorexie.
Vingt-quatre «séjours» durant lesquels l’appareil photographique circule entre les mains de chaque adolescent.
Les images sont produites dans la salle allouée par l’institution, mais l’appareil s’emporte également à l’extérieur et se rapporte. Les jeunes sont alors libres de choisir leurs moments, leurs objets, leurs cadres.
Moisson d’images cueillies, fauchées, récoltées ; au total quelque 9 000 photographies, portraits, autoportraits, paysages, natures mortes… Le plus souvent ces photographies sont assemblées les unes aux autres. Les «puzzles» ainsi constitués et accrochés aux murs donnent naissance à de nouvelles oeuvres, étranges, drôles, parfois terrifiantes.
En parallèle, les portraits réalisés en noir et blanc par Marc Pataut, sans fard mais avec pudeur et délicatesse, témoignent de la qualité des liens tissés. Au fil du temps, un vrai échange naît : on se parle, on regarde, on se regarde, on se cache, on se donne à voir…

Voici un un mémoire en pdf

source Ecole ?Nationale? Supérieure ?Louis?Lumière
Mémoire? de ?fin?d’études ?et? de ?recherche ?appliquée? Ivan? Mathie

Une photographie relationnelle comme fait social total Proposition

 

 

Le degré zéro de la photographie

En terme technique c’est presque ce que l’on pourrait dire de Miroslav Tichy. Ce qui devrait plaire aux allergiques à la perfection « photoshopienne » (comme Louis).

Ce photographe tchèque au physique de sans abri (c’est de saison) est décédé en 2011 après une reconnaissance officielle tardive en 2005, à pratiquement 80 ans il y obtient le Prix Découverte à Arles.

Peintre venu à la photographie vers 1970 il va construire ses propres appareils et agrandisseur à partir de bric et de broc. Son sujet de prédilection, les femmes.

Manitoba et Photoshop suite

C’est le programme de ce jeudi, le livre de Tobias Zielony Manitoba et le traitement de la couleur dans Photoshop.

Pause probable jeudi prochain pour visiter une librairie spécialisée en photo et la bib. de Saint-Luc qui recèle aussi de nombreux livres photos. On quitte l’écran pour un retour au papier. Ah, l’odeur des livres!

Handicap?

Un beau travail de Denis Darzacq, à voir sur le site de l’agence VU



« Après mes précédents travaux, où j’avais photographié des jeunes gens en pleine gloire physique, c’était une façon de conquérir des territoires inconnus, c’est-à-dire de repousser ma peur de l’autre et de sa différence » (extrait d’un entretien avec Virginie Chardin publié dans Act aux éditions Actes Sud). (extrait du texte d’intro de la galerie VU)

Tout bouge, rien ne change?

Le portrait est sans doute un des genres les plus anciens pratiqué en photographie. Amateurs, professionnels, artistes chacun le pratique tant au niveau privé que public.

Pas figé pour autant le portrait opère un renouvellement dans ses usages, ses formes sans pour autant nier sa propre histoire. Le projet de Meyer Portraits décalés en est un exemple

Plusieurs étudiants de bac1 s’oriente vers le portrait et une pratique de type documentaire je leur conseille de visiter le site de TENDANCE FLOUE, agence dont Meyer est un des membre.