Atelier du 20.02.13

Atelier consacré, essentiellement, à une grande figure de l’art vidéo: GARY HILL
Si le travail de Gary Hill s’est développé sous différentes formes – textes, installations, performances et bandes vidéo – seul son travail vidéographique « monobande » a été présenté et analysé.

« La vidéo permettait une sorte de jeu en temps réel, la possibilité de “penser tout haut”. C’était un processus accessible immédiatement et, apparemment, un parallèle beaucoup plus rapproché de la pensée. [...] Le temps, voilà ce qui est central à la vidéo; ce n’est pas de voir comme le laissent sous-entendre ses racines étymologiques. Le principe intrinsèque de la vidéo est la rétroaction. Ce n’est pas le temps linéaire, mais un mouvement lié à la pensée – une topologie du temps qui est accessible. » G. Hill

Gary Hill est un artiste américain né en 1951 à Santa Monica en Californie, connu pour ses bandes et installations vidéo.
C’est au lycée que naîtra son intérêt pour la sculpture et la peinture, ses références étant largement inspirées de l’art européen, avec notamment Picasso et Alberto Giacometti.
Dès le début des années 70, Gary Hill explorera la dimension sonore de ses sculptures métalliques, enregistrant et modifiant les vibrations qu’elles génèrent. Il se servira ensuite de magnétophones, travaillant avec des boucles sonores, le feed-back et d’autres sons électroniques. Ses travaux sur le son le familiarisent d’emblée avec le matériel électronique, puis le mèneront de façon décisive à la pratique de la vidéo.
Gary Hill s’intéresse essentiellement aux formes abstraites de vidéo et estime fondamental de déconstruire la vidéo sur tous les plans possibles, afin d’articuler un langage électronique propre au médium. Hill se penche surtout sur les relations images-sons. Cependant, à la différence des Vasulka et de Paik, il développe son vocabulaire électronique en fonction de systèmes de langage.

«Mon travail porte plutôt sur la trame de relectures et de réécritures dans le domaine électronique. A un certain moment, l’image est touchée par le langage, et il se produit quelque chose de physique. C’est largement un processus interne où la structure de l’œuvre se trouverait représenter ce qui se passe dans ma tête, et c’est pourquoi, dans quelques pièces, on n’entend pas seulement ma voix, mais on me voit aussi sur la bande, comme dans Commentaire.» G. Hill

ELECTRONIC LINGUISTIC / 1977  ( 3:45 MIN ) Gary Hill
Dans cette vidéo, il explore la corrélation structurelle et organique entre phénomènes linguistiques et électroniques. Les images apparaissent comme des visualisations de sons électroniquement produits, et la fréquence des sons « haute fréquence » varie en fonction de sa taille sur l’écran.

WINDOWS / 1978  ( 8:00 min.) Gary Hill                      VOIR

Réalisé en temps réel, Windows s’empare du motif traditionnel de la fenêtre et de sa relation à l’espace intérieur et extérieur, et mélange les images de 2 caméras video noir et blanc, en travaillant les images obtenues par des surimpressions, des keyers, et des effets chromatiques sans cesse modifiés par les prototypes de convertisseurs analogique-numériques conçus par Dave Jones.

PRIMARY / 1978  (1:10 min.) Gary Hill                 VOIR

La bouche de Gary Hill remplit l’écran prononcant silencieusement les mots « red », « green », « blue » (rouge, vert, bleu), les 3 couleurs primaires en synthèse additive, utilisées en vidéo, pour l’affichage sur l’écran. La bande son est composée de ces 3 mots coupés, abrégés dans de nouvelles combinaisons syllabiques.

MOUTH PIECE / 1978
 ( 1:00 min.) Gary Hill                            VOIR

Surimpression entre une bouche réelle, fixe dans le cadre et une succession de bouches stylisées par ordinateur, défilant de bas en haut. Quand la bouche “réelle” se superpose parfaitement avec sa représentation graphique, la bouche “embrasse” l’image, et le son synchrone du baiser est entendu. Il joue également sur d’autre alteration/interaction ludique entre sons, onomatopées et leurs traductions en image.

EQUAL TIME / 1979  (4:00 min.)  Gary Hill                              VOIR

Dans cette vidéo, Gary Hill expérimente la synchronisation d’éléments visuels et linguistiques, en un arrangement minimaliste, dans lequel deux “panneaux” blancs identiques (semblable à une trame), commençent respectivement sur le côté gauche et droit du moniteur, à traverser lentement l’écran noir.
Ces “panneaux” se chevauchent en produisant des “moirages”. Chacun d’eux est associé à la voix d’un orateur, dont la voix apparait soit à gauche, soit à droite de l’écran (diffusion en stereo). Lorsque les panneaux se chevauchent complètement, les mots des deux textes se mêlent et les deux voix, maintenant de concert, produisent un phasage rappelant le type de moiré visuel des “panneaux”. Comme les “panneaux” continuent à se déplacer, les voix ont changé de place (gauche > droite, droite > gauche) et chacun récite maintenant le texte de l’autre, la voix provenant finalement du côté opposé où elle avait été entendue au début de la lecture. Les panneaux continuent à traverser l’écran pour disparaitre, comme comme les voix.

AROUND & ABOUT / 1980  (4:45 min.) Gary Hill                       VOIR

Quand Gary Hill enseignait au “Media Studies Department at the State University of New York” de Buffalo, il dû changer de bureau, pour un nouvel espace beaucoup plus petit. Il y entassa affaires et matériels, video essentiellement.
Afin d’éviter de devenir complètement claustrophobique, il continua à travailler, persuadé de pouvoir faire une video à partir de Presque n’importe quoi. Il se demanda à quoi pourrait ressembler une video, si les images étaient coupées (montées) à chaque syllable d’un texte parlé? Il filma bien sûr ce qu’il avait devant lui…

VIDEOGRAMS / 1980 – 81  (13:25 min.) Gary Hill

Les “videograms” sont une série de courtes séquences, où texte lus et formes abstraites, produite électroniquement, dialoguent. Chaque sequence est numérotée, mais de manière aléatoire. Les formes métamorphiques complexes semblent être produites de manière imprévisible. Les éléments parlés évoquent des fragments de la vie quotidienne.
Cette bande (comme d’autres) a été créée à l’aide du fameux “Rutt/Etra scan processor”, un outil des années 1970 qui permettait aux formes électroniques d’être modulées à l’écran.

HAPPENSTANCE  (part one of many parts) / 1982-83  (6:30 min.)  Gary Hill     VOIR

Cette video, en boir et blanc, énonce d’abord les éléments de base du répertoire formel: le carré, le cercle et le triangle, rejoints ensuite par des lettres et des mots.Par des transformations successives d’éléments abstraits devenant reconnaissables puis redevenir abstrait, Gary Hill crée une sorte de chorégraphie de pensée, qui un peu comme dans “Videograms” – provoque une zone de tension entre les images et les textes parlés ou écrits. Des éléments sonores et musicaux soulignent des passages précis, mais également l’intertextualité complexe du travail.

MEDIATIONS (towards a remake of Soundings), 1979/1986  ( 4:17 min. )  Gary Hill

Gary Hill décrit ce qui se passe au fur et à mesure que sa main recouvre le haut-parleur de sable…Mais la situation n’est simple qu’en apparence. Cette parole qui sort du haut-parleur, que l’on voit vibrer, a plusieurs fonctions : en nommant elle fait voir, et produit un frissonnement du sable sur la membrane sonore. Voulant dire les événements et étant déjà elle-même événement, la parole ne réussit jamais à seulement dire ce qu’elle dit sans modifier au fur et à mesure ce qu’elle cherche à saisir….                VOIR

Site Recite (a prologue) / 1989  (4:00 min.)  Gary Hill

D’abord un horizon brumeux, encombré d’objets étranges: os, cranes, petits mammifères, ailes de papillon, noix et autres « découvertes » botaniques. Ces objets pourraient avoir été collecté lors d’une promenade en forêt, à l’exception de quelques notes ou papier chiffonnés. Des objets comme des reliques évoquant le cycle de la vie. La camera semble, par de rapides mises au point (focusing/unfocusing), observer certains objets qui semblent eux-mêmes tourner en rond.
Pendant ces brefs instants de netteté sur ces objets tournoyants, un narrateur explore son état momentané de conscience et sa relation au monde, verbalisant ses propres pensées. La dernière séquence place le spectateur à l’intérieur de la bouche de l’orateur. Comme le narrateur ouvre sa bouche et parle, la lumière entre dans la cavité parlante, Les mouvements de langue et les dents mastiquent les derniers mots: « … un combatant de la conscience de soi, et bougeant mon corps, pour bouger mon esprit et pour bouger mon corps et pour bouger la bouche, pour saisir le souffle de l’instant, … imaginant le cerveau, plus que les yeux.”

BLIND SPOT / 2003  (12:27 min.)   Gary Hill

Blind spot construit l’espace d’un portrait vivant par une focalisation temporelle d’un échange entre la camera (Gary Hill) et un homme marchant dans une rue du quartier algérien de Belsunce, un des quartiers du centre-ville de Marseille, près de la Canebière. Comme la camera zoome sur cet homme, l’image est progressivement interrompue par des plans noirs et silencieux de plus en plus long, de sorte qu’au fur et à mesure, la scène est tellement ralentie, allongée, et entrevoupée de noir qu’elle en devient Presque photographique.
Plusieurs documents montrés, ainsi que d’autres travaux (installation, performance, ….)  visibles sur le SITE de GARY HILL 

La suite du cours a été consacrée à la rencontre avec Alexander Schellow et la visite de son exposition : Tirana,  actuellement visible dans la galerie de l’erg, ainsi qu’à la vision de son dernier projet vidéo en cours de finition.

Alexander Schellow, né à Hanovre en 1974, vit et travaille à Berlin. Ses séries de dessins, animations, films, textes, archives et performances ont été présentés dans de nombreuses institutions internationales. Certaines sources de son travail ont été constituées en collaboration avec des scientifiques et artistes, dont la metteuse en scène Claudia Bosse (divers projets et theatercombinat), le chorégraphe Philipp Gehmacher (série “walk+talk”) ou encore le linguiste Klaus von Heusinger (“Souvenir et signification”, Université de Stuttgart).
 Depuis 2010, Schellow est Senior Fellow au Zukunftkolleg de l’Université de Constance.

 L’exposition ouvre à la suite d’un workshop d’une semaine réalisé avec un groupe d’étudiants de l’erg, durant lequel les participants ont mené une réflexion sur le(s) statut(s) du document, confrontant leurs idées avec les potentialités spécifiques du cinéma d’animation.
Le processus artistique déployé dans l’œuvre de Schellow est basé sur la reconstruction de la mémoire par la pratique du dessin. Engagé dans différentes situations (en l’occurrence la complexité du tissu urbain et social de Tirana, Albanie), il les traverse et les expérimente, focalisant son regard sur les détails. Le temps du dessin vient ensuite. Quelques mois après l’expérience directe, de retour dans son studio, l’artiste explore ses souvenirs et commence une production de dessins – structures complexes et tachetées – se focalisant sur de véritables situations et des surfaces visuelles qu’il a rencontrées dans le passé.
Comme l’explique l’artiste : La pratique de la reconstruction accompagnée de manipulations ciblées devient un moyen de recherche permettant d’explorer et par conséquent de « documenter », à travers ses propres perceptions, les relations spatio-temporelles de personnes dans des contextes spécifiques et dans les espaces urbains. En utilisant sa propre perception comme point de départ, chacun peut examiner et « documenter » de façon figurative les références spatio-temporelles concrètes des expériences corporelles et perceptives, à l’intérieur de contextes spécifiques.
L’exposition conçue pour la galerie de l’erg présente un ensemble de dessins, de films d’animation, de textes et autres matériaux en lien avec Tirana ; elle témoigne du travail en cours qu’Alexander Schellow poursuit sur cette ville.

 

Atelier du 10.10.12

Videos d’étudiants de l’ERG
Maeva, 19 ans escort girl sans limite  Rachel Marino  2009
 Avant la parade Adrien NIHOUL 2012
Blast of silence Aurelien DOYEN 2012
Elen Dragoste Eve Decampo 2012
Le tombeau des lucioles Veronique Bauer Raposo 2012

Les phosphènes de Stéphanie Floriant Ecrepont 2009
Plastic of the road Veronique Bauer Raposo 2012
 Switching pylons Floriant Ecrepont 2011
 Technology / Transformation : Wonder Woman Dara Birnbaum 1979  VOIR
Windows Peter Greenaway 1974   VOIR  &  SITE de P. GREENAWAY 
The fugitive kind / L’homme à la peau de serpent Sydnet LUMET 1960
Bande à part Jean-Luc Godard 1964
Analyse de la séquence du café: Minute de silence + deconstruction de la bande sonore dans la séquence de la danse. ( VOIR )