Personnage simple - Description de caractère

La description de caractère, comme le développement de l’exercice en témoigne se base sur plusieurs approches complémentaires : l’activité à travers un faisceau de situations qui rendent compte des facettes de votre personnage, la parole imprégnée, infléchie, colorée par votre personnage, ou le comportement qui l’exprime à tous moments dans une situation donnée, telle que le démontrait la virtuose séquence d’ouverture du court-métrage The Room analysée en début d’atelier.

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La description du caractère demandée ici, se fondait sur l’énonciation d’une gamme de situations signifiantes. Dans quels travers votre approche s’est-elle fourrée ?

1° La description psycho-sociologique

Pas de situation définie, pas d’espace-temps perceptible, on est ici dans une approche de manuel de psychologie. « Il ne profite pas de la vie parce que les autres lui font peur ». Rien qui rattache votre description à un vécu incarné, celui du personnage.

2° Les situations génériques

Autre forme, la plus répandue, des généralisations désincarnées. Ici, on repère bien des situations, un espace et un temps, mais d’un niveau de généralité tel que la chair se fait rare, molle, fantomatique : « Quand il sort de chez lui, c’est pour aller au travail ». Mais encore ? On attend d’une telle description un contexte, des circonstances, un espace et un temps qui donneront du relief à une telle vision générale. Écrire ou construire du récit, c’est rendre particulier des catégories, des principes généraux, des règles ancestrales. Rester vague, c’est rester pauvre (en matière d’Art).

3° Les toujours et les jamais

Ces termes sont comme les tronçonneuses avec lesquelles les canadiens font de la sculpture sur tronc d’arbre. Ça donne rapidement forme, mais c’est assez grossier. Pensez à les remplacer quand ils sont sortis par le détail qui tue et la précision de la situation, qui vont nous faire comprendre ce toujours et ce jamais par eux-mêmes. A défaut, utilisez d’autres mots. Et par pitié, pas "souvent".

4° La disgression

« il est malin mais peut ne pas être l’intelligence suprême non plus », « Sa soeur lui rend service et va chercher ses affaires à l’étage », « Tout le monde est conscient de son habileté dérisoire ». Tout ça ne dit rien qui nous intéresse dans cet exercice. On est proche de la description générique, avec en plus une absence d’information utilisable, ou la description d’un personnage secondaire. Relisez votre texte pour en expurger ces phrases, cet exercice a pour maître mot la concision.

5° La scénarisation

A l’inverse des précédentes, on est ici dans un synopsis d’histoire. Le colérique sera incarné par ce type qui allant au cinéma se fâche d’abord sur la caissière, puis sur l’ouvreuse et enfin le projectionniste. Alors que les autres défauts de caractérisations pèchent par leur excès de généralité, on a ici une variation sur une situation unique qui manque de la richesse du spectre recherché. Certains ont poussé le bouchon de la scénarisation jusqu’à produire les dialogues de la situation décrite … Ce n’est ni le lieu, ni la méthode.

6° L’effet « Petit Larousse »

On sait tous qu’un timide est quelqu’un d’introverti. La définition en 4 lignes manuscrite de ce qu’est tel caractère dans le ciel asséché du dictionnaire de la langue française est vraiment à côté de la plaque…