Made in Britain

Made in Britain de David Leland met en scène un skinhead radical. Ce personnage d’enragé (réfractaire et antisocial) s’oppose systématiquement, violemment, viscéralement à l’ordre, aux valeurs, à la moralité. Rien de ce que la société produit n’a de prise sur lui.

Quelles sont ses caractéristiques ?

D’abord, évidemment, c’est un skin : croix gammée tatouée sur le front, cheveux rasés, tenue militaire. Rien de très liant, rien qui invite au contact.
Son regard droit balaie les choses et les gens. Rien ne le fait baisser les yeux, mais il n’ignore pas ce qui l’entoure.
Son impassibilité témoigne de sa totale indifférence à son sort et à celui du monde merdique dans lequel il évolue.


Affalé sur le banc des accusés, il est indifférent aux accusations qui sont portées contre lui.
Le court silence qui précède ses réponses lapidaires témoigne de son mépris pour l’autorité qui pourtant s’occupe, en ce moment-même, de tenter de le mettre au pas.



Ses réponses monosyllabiques rejettent toute mauvaise conscience, toute tentative de justification, toute volonté de minimiser ou de faire amende honorable.

Emmené en maison de redressement, il devance les flics chargés de l’escorter.


Lorsque, dans la voiture, le responsable de la maison de redressement lui apprend que les 6 semaines prévues pour son "observation" vont devenir 6 mois puis être suivis d’une mise en prison inévitable, son irritation ...


... se transforme immédiatement en ironie grotesque.

Un tel personnage, bien que simple et unidimensionnel, cohérent, imperturbablement homogène n’en a pas moins un incroyable relief dramatique. Fouteur de merde super résistant, il va déstabiliser tout le petit monde bien réglé qui tente de lui mettre le grappin dessus.