A NE PAS MANQUER
3 films de Pedro Costa, en sa présence!
15h En avant, jeunesse ! (vo st FR )
19h Ne change rien (vo FR )
21h Centro Histórico Aki Kaurismäki, Pedro Costa, Manoel de Oliveira & Victor Erice Première (vo st AN )
Rue Ravenstein 23 1000 Bruxelles
+322 507 82 00
Infos et réservation : CLIQUEZ
Pedro Costa (Lisbonne, 1959) est l’un des plus importants cinéastes contemporains. Depuis la fin des années 1980, il bâtit consciencieusement une œuvre impressionnante, où la beauté se révèle dans les lieux les plus improbables. Suivant une approche documentaire de l’image, son engagement est d’abord une question d’amour – pour le réel, pour le cinéma, pour l’humain. Nourri par les films de John Ford, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Robert Bresson, Jacques Tourneur ou Jean Renoir mais aussi par des siècles de peinture, le travail de Pedro Costa est à la fois puissant et sensuel, moderne et archaïque. Toutes choses y apparaissent “comme les premières choses au monde ». Travaillant à l’aide de petites caméras DV pour plusieurs de ses films, Costa a su trouver une nouvelle liberté et a contribué à l’invention d’une nouvelle écriture cinématographique.
Sa filmographie comprend O Sangue (1989), Ossos (1997), Dans la chambre de Vanda (2000), En avant, jeunesse ! (2006), Où gît votre sourire enfoui ? (2001, sur Jean-Marie Straub et Danièle Huillet), Ne change rien(2009).
En avant, jeunesse ! / 2008 Pedro Costa
Après Ossos (1997) et Dans la chambre de Vanda (2000), En avant, jeunesse ! (2006, 155’) est le troisième film de Pedro Costa tourné dans la banlieue nord-ouest de Lisbonne, dans le quartier cap-verdien de Fontainhas, un bidonville aujourd’hui rasé et dont le film enregistre la démolition progressive. Au moment du tournage, la plupart des 9 000 habitants de Fontainhas sont en voie d’être relogés dans de nouveaux immeubles. Ancrant sa fiction dans le réel, Costa y retrouve Vanda et y suit son père, Ventura, qui hante le film tel une “figure de seigneur déchu, exilé de sa royauté africaine, rendu inapte au travail par une blessure et à la vie sociale par une fêlure de l’esprit, sorte d’errant sublime, entre Oedipe et Lear, mais aussi entre les héros fordiens Tom Joad et Ethan Edwards” (Jacques Rancière). Une œuvre clé dans la filmographie de Costa.
Ne change rien / 2009 Pedro Costa
Ne change rien (2009, 100’) est né de l’amitié entre l’actrice Jeanne Balibar, l’ingénieur du son Philippe Morel et le réalisateur Pedro Costa. La caméra de Pedro Costa y suit Jeanne Balibar, chanteuse, des répétitions aux enregistrements en studio, des concerts rock aux cours de chant lyrique, interprétant son album avec le musicien Rodolphe Burger. Filmé dans un noir et blanc contrasté, ce film crépusculaire, qui joue sur les silences et les hésitations, apparaît comme une méditation sur le processus créatif, où le visage et la voix de Balibar émergent périodiquement de l’obscurité pour occuper temporairement un non-lieu, avant de replonger dans le néant. Le titre de la chanson de Balibar y fait écho à cette citation de Jean-Luc Godard, « Ne change rien pour que tout soit différent », qui reprend elle-même cette phrase de Bresson : « Sans rien changer, que tout soit différent ».
Centro Histórico / 2012 Pedro Costa
Suivi d’un entretien avec Pedro Costa.
Produit à l’initiative de la ville portugaise de Guimarães (lieu historique et capitale européenne de la culture en 2012), Centro Histórico (2012, 80’) est un film à quatre voix revisitant le genre du film à sketchs.
Aki Kaurismäki, Pedro Costa, Victor Erice et Manoel de Oliveira – quatre grands réalisateurs européens, quatre visions du cinéma – y déploient les récits que leur raconte la ville, entre réalité et fiction. Les choses n’y sont jamais ce qu’elles semblent.
Dans O Tasqueiro, le Finlandais Aki Kaurismäki raconte une journée de la vie d’un barman solitaire dans le centre historique de Guimarães. Avec Lamento da Vida Jovem, le Portugais Pedro Costa retrouve Ventura, le protagoniste cap-verdien de son film Juventude em Marcha. Dans Vidros Partidos, l’Espagnol Victor Erice explore les locaux de l’ancienne filature et usine textile de Rio Vizela, un des plus grands centres de production textile d’Europe, fermé en 2002, pour recueillir les témoignages de ceux qui y ont travaillé. Enfin, dans O Conquistador, Conquistado, le doyen du cinéma portugais Manoel de Oliveira (104 ans) évoque avec ironie une nouvelle « conquête », celle du centre historique de Guimarães par un groupe de touristes.