Atelier du 27.02.13

Evocation d’un film marquant pour Alicia
THE PERFECT HUMAN 1967 Jorgen Leth                                      VOIR
Inspiré de l’imagerie publicitaire, The Perfect human, ce court-métrage de 13 minutes, réalisé en 1967, présente un homme qui effectue des gestes communs, s’asseoir à une table, fumer… Selon son réalisateur, Jorgen Leth : « L’idée trouve son origine dans la fascination que j’ai pour le monde des films publicitaires. Je sentais que tous les éléments -personnages, objets, actions- seraient extrêmement distincts s’ils étaient isolés de leur environnement. Je voulais les sortir de tout cadre, de tout le désordre réaliste dans lequel, habituellement, évoluent les personnages ».

36 ans plus tard, Lars Von Trier, dont c’est un des films de chevet, propose à Jorgen Leith de faire des variations possibles sur son court métrage.
Il a ainsi demandé au réalisateur de recréer cinq variations, à partir de 5 « obstructions »
Si Lars Von Trier et Jorgen Leth ont décidé d’employer le terme « obstruction », plutôt que « instruction », c’est tout à fait délibérément. Jorgen Leth précise en effet : « Obstructions est un terme issu de la terminologie footbalistique. J’ai, autrefois, réalisé un film sur le grand joueur de football danois Michael Laudrup. C’était un virtuose aux mouvements imprévisibles. Il attirait les obstructions, il poussait à un jeu dur, mais toujours il évitait élégamment de tomber ou de se blesser. Michael Laudrup sera mon rôle modèle. »
THE FIVE OBSTRUCTION 2003  Lars Von Trier
Obstruction 1 / Pas de plan de + de 12 images, donner les réponses aux questions posées en 67, tournage à Cuba, pas de studio
Obstruction 2 / un lieu de tournage misérable, que l’on ne montre pas, Jorgen Leith est « l’homme parfait », se focaliser sur la scène du repas.
Obstruction 3 / Comme Lars Von trier trouve qu’il n’a pas respecté la seconde obstruction, Leith peut, soit refaire le film « raté » à Bombay, soit faire ce qu’il veut. Il choisira  cette seconde « obstruction ».
Obstruction 4 / Refaire le film en… dessin animé.
Obstruction 5 / Comme Lars Von Trier n’est toujours pas satisfait, il lui interdit de faire le cinquième film, ce sera Von Trier lui-même qui le fera, mais ce dernier film sera « signé » par Jorgen Leith qui lira, en guise de voix off, un texte écrit par Von Trier.

ECHO/ au journal vidéo de Lou Colpe qui filme ses grands parents depuis plus de 7 ans, observant la maladie (Halzheimer) de sa grand-mère qui l’isole de plus en plus, et – récemment – la mort de son grand-père.

SILVERLAKE, THE VIEW FROM HERE 1993 Tom Joslin, Mark Massi et  Peter Friedman

 Deux hommes vivant ensemble, Tom Joslin et Mark Massi, se filment. Tous deux sont séropositifs et racontent leur découverte de l’homosexualité, la progression du mouvement de libération gay, et la découverte de la contamination du sida. Le film rend compte aussi de l’impuissance face aux maladies opportunistes, la recherche de moyens personnels de les soulager. Il montre leur vie quotidienne et leur agonie. Tous deux moururent des suites du sida. Un ami, Peter Friedman, reprendra la réalisation du documentaire. D’abord film personnel, Silverlake Life: The View from Here est devenu un témoignage indispensable sur les ravages du sida.

Silverlake est un quartier de Los Angeles où habitaient Mark et Tom, un couple gay. «La vue d’ici» était, de leur terrasse, les collines boisées où de grosses lettres blanches épèlent un mythe: Hollywood. Mais c’est aussi la vue du pays du sida. (voir ARTICLE)

Silverlake est la chronique vidéo tenue par Tom, réalisateur, et Mark, son ami, se débattant tous deux contre la maladie, contre la montre. Ils s’étaient connus à la fac aux cours de cinéma et vivaient ensemble depuis vingt-deux ans. Quinze ans auparavant, Tom Joslin avait réalisé Blackstar, un film sur son homosexualité, parce qu’il n’en pouvait plus des mensonges et des faux-semblants. Quand il décide de filmer leur maladie, c’est lui le plus atteint. Il partira le premier.
  Entre les scènes de ménage et de tendresse, les scènes de la vie ordinaire propres à tous les couples, on suit la progression de la maladie. D’abord lente, la dégradation s’accélère soudain. Les gestes s’amenuisent, la rage s’exténue. Mark n’a plus le coeur à capter l’agonie de son ami. Il reprend tout de même la caméra pour aller jusqu’au bout de leur projet. Peter Friedman, un réalisateur ancien élève de Tom, prendra le relais pour filmer Mark, désormais seul avec ses T4 qui baissent et son Kaposi qui progresse. Le face à face avec la mort est difficilement soutenable. Mais Silverlake n’est pas que la «chronique d’une mort annoncée», c’est aussi et surtout la chronique d’un amour exemplaire.

COÛTE QUE COÛTE 1995 Claire Simon
Produire coûte que coûte! Sauver la boîte coûte que coûte!
Même si on n’est pas payés tout de suite, continuer coûte que coûte!
Trouver de nouveaux clients coûte que coûte! De nouveaux fournisseurs coûte que coûte!
Le film raconte l’histoire d’une petite entreprise, toute jeune, où l’on fabrique des plats cuisinés pour les grandes surfaces. Le patron et les employés mènent la guerre économique avec les moyens du bord.
Au fil des mois, les choses vont de mal en pis et la caméra est toujours là, témoin d’une proximité plutôt stupéfiante entre ce patron et ces employés, qui se tutoient et s’engueulent chaque jour plus fort tandis que la secrétaire, qui n’a plus ni téléphone ni fax, coupés car impayés, doit s’aménager un bureau de fortune sur le coin d’un bar, au café La Cigogne, juste à côté du Pointphone dévoreur de pièces, jusqu’à épuisement des dernières ressources…

Coûte que coûte se déroule ainsi selon une histoire, un suspense, un scénario in progress que la réalité est seule à inventer: plus la boîte vacille, plus le patron est sur les dents. En fait, il est aux dernières limites de la dissimulation, à deux doigts d’une dépression nerveuse, et il devra bientôt passer la main.
Incidemment, Coûte que coûte constitue un véritable désossage du système patronal, capitaliste et libéral. Il fonctionne en tout cas comme une très instructive et civique leçon de social: l’attachement amer de chacun à son boulot, la carotte d’une pseudo-participation (« Devenez actionnaires », propose le boss, décidément à bout de rouleau), le terrorisme commercial des grandes surfaces, etc.   LIRE l’article complet
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